Grand format Adobe Creative Meet Up 2018 : Rencontre avec Mr Cup

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Grand format Publié le 26.11.2018

Adobe Creative Meet Up 2018 : Rencontre avec Mr Cup

Mercredi 21 novembre 2018, l'Elysée Montmartre concentrait en son sein un auditoire de créatifs et technophiles en tout genres, tous venus découvrir les nouveautés présentées par la plus célèbre société d'édition de logiciels créatifs, Adobe. Le Adobe Creative Meet Up est sans aucun doute un évènement crucial de cette fin d'année 2018, pour tous ceux qui veulent redoubler de créativité en 2019.
Après la présentation en détails des nouveautés du Creative Cloud, 3 créatifs se relayaient sur la scène de l'Elysée Montmartre pour inspirer l'audience. Parmi eux, une figure bien connue d'étapes: , Fabien Barral alias Mr. Cup, instigateur du blog Graphic Exchange et du Letterpress Calendar dont nous vous parlions lors de Bold Type. L'occasion parfaite pour échanger avec lui sur la technologie et son influence sur la créativité.

Le Letterpress Calendar 2019 a atteint son but sur Kickstarter, pouvez-vous nous expliquer la démarche à l’origine du projet ?

Initialement j’ai commencé tout seul et le fait de créer douze pages par an rendait le renouvellement créatif assez compliqué. C’est donc via mon blog Graphic Exchange, Le blog de Mr. Cup, que je suis rentré en contact avec pas mal de designers dont j’admire le travail. D’un côté, ils sont très contents d’être sur le calendrier et de l’autre, j’utilise leur renommée pour faire parler du projet. C’est absolument passionnant de travailler avec d’autres graphistes. D’abord je leur envoie les phrases, j’essaye d’en trouver qui correspondent à leur travail puis ensuite on se met d’accord sur ce que l’on peut faire. Ils sont souvent d’accord et même parfois étonnés d’être payé ! Ce qui est bien, car c’est l’idée du financement participatif que de prévoir un budget pour ça. Donc c’est passionnant, je suis en contact avec des gens que j’admire depuis longtemps. On peut dire qu’ils sont intéressés à la fois par le fait de faire partie d’un projet collaboratif, puis certains font du lettering et n’ont aucune idée de comment faire pour vectoriser leurs fichiers, et c’est bien souvent la première fois qu’ils font du letterpress. Ils voient les limites et les intérêts de la technique, mais le Letterpress restant la Rolls Royce de l’impression, le fait de voir leurs designs sur Illustrator puis imprimés, ils sont généralement tous à fond et finissent par s’impliquer comme si c’était leur propre projet.


Comment expliquez-vous que le Letterpress connaisse un regain d’intérêt aujourd’hui ?

Ce qui est amusant, c’est que ce sont souvent des jeunes qui redécouvrent cette technique. C’est parti des Etats-Unis, avec des gens qui voulaient imprimer des faire-part de mariage un peu classieux et donc des imprimeurs qui ont voulu adopter des techniques manuelles d’impression, plus artisanales. L’imprimeur avec qui je travaille maintenant sur tous mes projets de Letterpress, s’appelle Studio Pression. Pour la petite histoire, c’est assez drôle car il a découvert cette technique grâce au tout premier calendrier, celui de 2011, et il s’est dit que c’était ce qu’il voulait faire. Il a donc arrêté son travail de graphiste et a acheté une machine, l’a démonté, l’a remonté et a appris à s’en servir. Aujourd’hui c’est lui qui me conseille sur absolument tout ce qui concerne le LetterPress. Autre exemple, quand je montre ma carte de visite les gens trouvent ça fabuleux. Aujourd'hui, les clients veulent ça et sont prêts à payer plus cher parce que l’expérience est complètement différente ! Il y a le côté tactile, ça stimule d’autres sens ! Les calendriers rencontrent beaucoup de succès, certes dans une niche très design, mais ça fonctionne tout de même très bien et ça donne envie de continuer.


(c) Mr Cup

(c) Dan Gretta

Vous semblez être un designer graphique fasciné par les vieilles typographies, les vieilles techniques d’impression, mais votre talk de cet après-midi tendait à montrer que vous utilisez parfaitement, et dans toutes leurs dimensions, les nouveautés technologiques présentes sur les logiciels Adobe. Pensez-vous que les technologies numériques de graphisme telles que celles permises par Adobe ont quelque chose à envier aux vieilles techniques artisanales ou au contraire, qu’elles ont tout parfaitement assimilé ?

En fait je pense qu’il y a une chronologie. On n’aurait pas la culture de la typographie aujourd’hui s’il n’y avait pas eu ces grands typographes au début du siècle, notamment avec les Helvetica ou les Futura qui ont été créées il y a des dizaines d’années. Aujourd’hui, c’est simplement l’évolution du monde qui fait que l’on revienne à l’expérience du papier, ou à l’expérience du vinyle par exemple. Aujourd’hui rien ne m’empêche d’acheter un vinyle parce que la pochette est belle, l’écouter sur ma platine quand je peux, mais évidemment, j’ai tout téléchargé sur mon ordinateur et mon téléphone. C’est simplement une démultiplication des possibilités sans qu’obligatoirement une technologie n’en remplace une autre. À chaque fois qu’il y a une évolution technologique, on s’affole en disant que ça va tuer les anciens supports, mais c’est faux ! En ce qui concerne la création, et je crois vraiment en ce que je vais dire maintenant, mais tout le monde disait qu'Adobe Sensei allait remplacer les créatifs. On est très loin de ça. C’est simplement la partie rébarbative du métier qui est remplacée. Personne n’a décidé d’être graphiste pour se dire, quand il s’agit de changer de format au milieu de la création d’une maquette, qu’il faille tout refaire petit à petit. Les innovations servent majoritairement à enlever les parties les plus pénibles du métier et ça c’est intéressant. Quand Je vois le développement de la vectorisation dynamique sur Illustrator, qui permet justement de faire des plaques beaucoup plus rapidement que si je devais tout redessiner à la main, c’est une aubaine. C’est un gagne temps pour ne pas perdre le fil de la créativité.


(c) Refiniery43

(c) Nick Misany

Quelle nouveauté présentée lors des Adobe Creative Meet Up retenez-vous et pourquoi ?

J’ai la chance d’avoir été invité à Adobe Max, ou plus de technologies ont été présentées que cet après-midi. Il y avait donc Fantastic Fold [Fantastic Fold est un « sneak » qui a été présenté lors des Sneak Peeks, la keynote qui montre des fonctionnalités issues des laboratoires R&D d’Adobe. Certaines verront le jour dans les applications, d’autres non, NDLR] qui est une technologie qui permet de mapper un design sur un packaging et de voir exactement ce que ça va donner quand le packaging sera plié. Et ça étend la créativité, car si aujourd’hui on devait mapper sur une interface complètement déconstruite, on ne s’en sortirait pas. Et voilà c’est hallucinant car ça permet des ouvertures au niveau de la créativité qui sont géniales. Finalement, la technologie ne fait que servir la créativité et ne la remplacera jamais, elle est complémentaire et nous aide à être plus créatifs.

Propos recueillis par Léo Bufi



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