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News Photo, Art, Disparition Publié le 14.04.2015

Disparition du photographe suédois Lars Tunbjörk

Le photographe suédois Lars Tunbjörk, considéré comme un maître européen de la couleur et un artiste à l'humour ravageur, s'est éteint à l'âge de 59 ans.
L'agence VU' qui l'a longtemps représenté a annoncé cette triste nouvelle et nous partage sa biographie.

"Suédois. Né en 1956 à Boras.

Adolescent dans les années 1970, Lars Tunbjörk découvre les photos du livre Poste restante de son compatriote, le grand Christer Strömholm. Il rêve de devenir photographe et décroche un stage au journal local Borås Tidning avant de sʼy faire engager. Suivent quelques années d'expériences en province puis à Stockholm. Le travail qu'il débute en 1982 pour le quotidien Stockholms-Tidningen influence, fortement et en peu de temps, le
photo-journalisme de son pays. Son style photographique devient vite une référence, dʼabord en Suède, puis à lʼétranger, dès la publication en 1993 du livre Landet utom sig/The Country beside itself.

Quʼil dresse un portrait acide de la Suède, quʼil sʼattache à lʼunivers cauchemardesque des bureaux ou à lʼuniformité désolante des zones pavillonnaires pétries de goût petit-bourgeois, quʼil pointe la situation de ceux qui ont été marginalisés dans un pays pourtant vanté pour son système de protection sociale ou quʼil explore lʼétrangeté dʼune ville proche du cercle polaire, Lars Tunbjörk a totalement oublié le noir et blanc de ses débuts. Toute
son énergie sʼest portée sur lʼexploration de la couleur, quʼil traite avec une connaissance profonde des recherches des grands Américains des années soixante-dix. Il est aujourdʼhui considéré comme un maître européen de la couleur dont le travail prend la forme de la critique sociale sans jamais se départir d'un humour grinçant. Cʼest là son point de départ pour un questionnement du monde, série dʼinterrogations bien plus que constat, quʼil développe sans pessimisme mais avec une indéniable affliction, quʼil soigne par un humour souvent ravageur. Au fil du temps, le propos sʼest radicalisé,
épuré, est devenu de moins en moins anecdotique, pour aboutir à des séries dans lesquelles il ne représente plus les personnages mais impose les traces, souvent absurdes, de leur présence et de leurs actes.

Régulièrement publié dans la presse (The New York, Time Magazine, Le Monde 2, Libération...) son travail a été exposé dans le monde entier ; en 2009, il a participé au Festival PhotoPhnomPenh(Cambodge) où il a exposé une
sélection pour représenter la Suède. Au Château dʼEau à Toulouse en 2013, il a présenté I Love Boras, Office et Vinter.
Ses œuvres font partie des collections de grands musées, comme le Museum of Modern Art de New York et celui de Stockholm, le Centre Pompidou et la Maison Européenne de la Photographie de Paris, le Museet for Fotokunst au Danemark ou le Fotomuseet en Norvège.

Ses séries ont été réunies dans plusieurs ouvrages dont Office (Éditions Journal, 2002), Home (Éditions Steidl, 2003), Vinter, co-édité avec le Musée dʼArt Moderne de Stockholm (Éditions Steidl,2007), I Love Boras (Éditions Steidl, 2007), ou encore Every Day (Editions Diaphane, 2012), une exploration de la ville de Beauvais en Picardie. Son travail le plus récent est Going Mobile (2014), un sujet sur les américains qui ont choisi de vivre dans des mobile-homes.

« Par le traitement de l'image comme par les sujets, tirés du quotidien prosaïque et médiocre de la modernité, les photos de Lars Tunbjörk ne sont pas sans faire songer à celle de Martin Parr. Avec toutefois cette différence que le
photographe anglais joue davantage avec la rutilance des objets, de la nourriture et de la chair, qu'il pousse jusqu'à la nausée. Lars Tunbjörk, lui, choisit la dérision et le cynisme, pour ne pas mourir d'effroi.» Étienne Helmer, Paris Art"

http://bit.ly/1GFQQjo



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