Dans son édition d’octobre 2011, étapes: présente les meilleurs Diplômes 2011 des écoles de design graphique.
Trente diplômes sélectionnés, vingt écoles représentées. Les projets de la nouvelle génération de graphistes et de designers révèlent une diversité de postures : nouveaux outils, territoires contemporains du graphisme, images d’aujourd’hui…
Édito
Tournant générationnel
Pour la sixième année consécutive, Étapes publie en octobre un numéro spécial consacré aux meilleurs diplômes. Année après année, les projets reflètent les idéaux d’une génération, les préoccupations de demain, l’évolution de l’enseignement ou encore les tendances de l’image. Chaque promotion a ses spécificités et des sujets de prédilection, une saveur comparable à l’embrun d’une marée. L’image populaire, la collection, l’avenir de l’édition, ces questions sont régulièrement revenues dans les projets que nous avons visionnés, entre sélection sur le site diplômes d’Étapes, prospection auprès des enseignants et des écoles. Mais le plus frappant, c’est sans doute ce point commun, celui de l’utilitaire, entre de nombreuses propositions. Une récurrence de fond qui semble attester des futures mutations du design graphique : un alphabet spécialisé dans le langage SMS, un service de table pour les personnes atteintes de polyarthrite, une application iPad pour les personnes sourdes, ou encore une proposition alternative pour occuper la ville, les diplômes 2011 s’inscrivent plus que jamais dans la société actuelle. La notion d’outil, chère au design, avec des projets résolument tournés vers l’utile, semble revivre ses heures de gloire. Quand nombre de penseurs et sociologues voient dans la jeunesse d’aujourd’hui un individualisme croissant, la jeune génération de designers et graphistes se montre à l’écoute de la société. À bas le beau ! Parallèlement, la posture de considération esthétique, en amont du projet, comme style formel singulier, semble s’affaisser. Y a-t-il erreur sur la marchandise ? Les benjamins du design seraient-ils au contraire bien plus ouverts au monde que ne l’ont été leurs prédécesseurs ? Peut-être aurions- nous sous-estimé le potentiel collaboratif du Web 3.0., la notion de réseau, de participatif, qui sous-tend la création visuelle aujourd’hui.
Par Caroline Bouige et Isabelle Moisy
Vous pouvez vous abonner à la revue étapes: sur le lien suivant : http://bit.ly/jrOLyP