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Grand format Interview Illustration, Tatouage, Minimalisme Publié le 31.05.2017

Johanna Olk "J’aime ce qui est simple tout en étant capable de créer une émotion."

Elle a 23 ans, vit à Guéthary, une commune tranquille à proximité de Biarritz, mais son trait s'est déjà répandu bien au delà des frontières du Pays-Basque. Depuis deux ans, Johanna Olk ne cesse d'impressionner et embarque de plus en plus d'amateurs dans son univers féminin et léger, mélancolique et poétique.

Son talent s'est révélé aux yeux du public grâce à ses tatouages et aux réseaux sociaux, aujourd'hui, elle entend bien concilier cet exercice avec la pratique du dessin et de l'illustration. L'exposition "A Lazy Afternoon" récemment présenté chez Sergeant Paper, fut l'occasion pour elle de revenir à ses premiers amours.



Pour suivre le travail de Johanna Olk
Site web : https://johannaolk.com
Instagram : @johanna.olk

À quel âge avez-vous commencé à dessiner et quand avez-vous décidé d’en faire votre métier ?

Enfant j’étais très timide et j’aimais rester enfermée dans ma chambre à créer toute la journée. D’un point de vue social ça inquiétait mes parents et ils ont décidé de m’inscrire à des cours de dessin tenus à quelques rues de chez nous. Je devais avoir environ 5 ou 6 ans et j’ai continué jusqu’à la fin du collège.

L’été de mes 16 ans, en suivant un programme d’échange scolaire, j’ai eu l’opportunité de partir en Australie et je me suis retrouvée à devoir aller en cours avec la fille de ma famille d’accueil. J’ai eu de la chance, car elle étudiait l’art, la musique et la littérature. Le sytème scolaire australien est beaucoup moins segmenté qu’en France, j’ai découvert qu’il existait des métiers liés à l’art et que devenir adulte ce n’était pas obligatoirement aller à la fac pour étudier les sciences, l’économie ou bien les lettres. Je suis rentrée en France, plus vraiment intéressée par mon bac S et je me suis renseignée sur de possibles études plus créatives. Après le bac, j’ai été acceptée à l’Ecole de Design de Nantes, j’ai passé un Bachelor en design industriel et je suis retournée en Australie en stage de première année de Master. J’étais dans une agence de mobilier incroyable mais je n’étais pas vraiment faites pour dessiner des objets et par un concours de circonstances, j’ai été engagée en tant que graphiste. Là bas, j’ai rencontré beaucoup de monde dans le milieu de l’art, je pense que ce sont ces rencontres qui m’ont poussées à me lancer sérieusement dans l’illustration.



Travaux présentés lors de l'exposition "A Lazy Afternoon" chez Sergeant Paper

Quelles sont vos inspirations dans la discipline ?

J’ai étudié le design industriel et j’ai toujours aimé les objets d’une beauté intemporelle, basés sur une réduction au stricte nécessaire. J’aime ce qui est simple tout en étant capable de créer une émotion. Mon travail d’abord en graphisme puis en illustration tente donc probablement de reprendre ces problématiques. Plus généralement j’aime représenter la banalité du quotidien.

Pour ce qui est de mon style en lui même, j'ai toujours plus ou moins réalisé des illustrations au trait et très simples, mais, c’est en faisant de la linogravure que j’ai commencé à représenter des scènes en négatif. Je cherchais depuis un moment à créer des images toujours plus fortes graphiquement et c’est en expérimentant cette technique que j’en suis arrivée à ce que je fais aujourd’hui.

Comment avez-vous eu votre première commande ?

J’étais en troisième année d’études de design et j’ai un jour montré mes dessins à un ami ayant un magasin à Nantes. Il m’a proposé de faire une expo et on l’a fait pour mon anniversaire. Il y a eu beaucoup de monde à la soirée, surtout des amis ou d’autres étudiants de mon école mais aussi des gens là par hasard et qui m’ont par la suite proposé des collaborations. Ca restait un passe-temps en dehors des cours.


Blue Jean



Women


Vos dessins fins et minimalistes vous ont conduite vers l’univers du tatouage ? Est-ce particulier de créer via ce support ? Quel en est pour vous l’apport ?

J’ai commencé à m’intéresser aux tatouages très jeune, j’étais mal dans ma peau et je voyais en eux une manière d’embellir un corps que je n’aimais pas. Quand je m'y suis vraiment mise, tout s’est fait très vite. Je n’avais pas prévu de devenir tatoueuse, j’étais simplement curieuse car j’aime beaucoup expérimenter de nouvelles techniques. J’ai toujours vu le tatouage comme une forme d’art où seul le support change. Mon idée de départ était donc vraiment uniquement de transposer mon travail en illustration sur la peau. Je voulais proposer quelque chose de nouveau que je n’avais pas réussi à trouver ailleurs. Aujourd’hui je me rends compte que le rapport humain ainsi que le moment même de la réalisation du tatouage sont également très importants. Je m’y intéresse de plus en plus car ça va réellement au delà de simplement retranscrire sur une peau ce qui pourrait être fait sur une feuille de papier. Je ne saurai pas encore l’expliquer mais je documente beaucoup mon travail par des photos ou des prises de notes. Une fois tout ça mis en ordre et analysé j’espère un jour en faire quelque chose mais je ne sais pas encore quoi.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre expo chez Sergeant Paper ? Est-ce la première fois que vous exposé ? Comment avez-vous abordé ce projet ?

J’aime beaucoup les tatouages mais je n’avais pas vraiment prévu d’en faire mon métier. J’ai pourtant passé un an à ne faire presque que ça. C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter un peu pour me re-concentrer sur mon travail en illustration. L’exposition à Sergeant Paper tombait donc vraiment au bon moment. Je venais de réaliser une série de linogravures qui avaient bien plu à l’équipe de la galerie et j’ai donc tourné autour de ça même si j’avais vraiment carte blanche.





Aujourd’hui, comment communiquez-vous sur votre travail ? Avez-vous déjà eu des commandes grâce au réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux, notamment Instagram sont très importants. Je ne pense pas que mon travail aurait pu se faire aussi vite connaître sans eux, d’autant plus que je mène une petite vie tranquille loin de Paris. Je reçois beaucoup de messages sur Instagram ou bien des mails de personnes m’ayant découverte via ce media.

Quels sont vos souhaits créatifs pour les années à venir ?

J’aimerais vraiment faire évoluer mon travail en illustration de manière à être plus connue pour ce dernier que pour mes tatouages.

Propos recueillis par Charles Loyer



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