Grand format Les Diplômés : Coralie Miliere aka Studio Silex, graphiste...

Recevoir la newsletter

Recevez chaque semaines la newsletter étapes:

Lancer la galerie 15 images
Grand format diplômés, école, Graphisme Publié le 28.09.2017

Les Diplômés : Coralie Miliere aka Studio Silex, graphiste indépendante.

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.



Diplômée de l'ENSAAMA Olivier de Serres, Coralie est aujourd'hui graphiste indépendante. Pour son diplôme elle explorait la vulgarisation scientifique de la planète Mars avec un univers graphique proche de Michel Gondry, pour ancrer cette planète lointaine dans une réalité tangible, la rendre concrète. Au travers d'une fiction prospective, elle communique les enjeux de l'exploration martienne en la rendant plus accessible, populaire et poétique.



Site: studio-silex.com
instagram : @studio_silex
facebook: studiosilex

Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l'obtention de ton diplôme ?

J'ai obtenu un DSAA Design Graphique à l'ENSAAMA Olivier de Serres. L'été qui a suivi le diplôme, j'ai travaillé sur le site internet de Pli. J'ai ensuite été stagiaire durant six mois chez ABM Studio, riches en projets dans le domaine de l'imprimé comme du numérique. J'ai entre autres réalisé l'affiche du 5e Petit Festival du Grand Espace, travaillé sur la partie data-visualisation du catalogue anniversaire de Paris Photo, fait de la recherche sur la mise en forme et l'adaptation de livres au format e.book... Mais le projet le plus marquant et enrichissant auquel j'ai contribué, avec Fanny Bisiaux, reste certainement le projet de publication numérique sur le travail de Fanette Mellier initié par Pascal Béjean.

Après ce stage, je suis restée pour un mois de sursis en freelance, puis en avril 2017, je suis partie pour collaborer avec Michael Levin (studio Doc Levin).

J'ai travaillé depuis sur divers projets culturels, comme le journal d'exposition n°20 de la galerie Nathalie Seroussi, le programme Permis de Faire pour l'intervention de l'architecte Patrick Bouchain, ou encore — le plus conséquent — l'identité de Standart 2017, nouvelle triennale d'art contemporain en Arménie.



Pourquoi avais-tu choisis ces études ?


À vrai dire, tout est parti d'un échec : j'ai dans un premier temps été refusée à l'école d'architecture de Bordeaux. Le graphisme était donc au départ un second choix. 

Au fil de ma licence design-arts appliqués à l'université Michel de Montaigne (Bordeaux 3), j'ai été formée aux enjeux du design en général, à spéculer, à avoir un point de vue critique sur ma pratique de designer. Finalement, j'ai été formée à une attitude, avant de tomber amoureuse des formes et à la façon dont elles sont liées à l'histoire, à leur contexte, à des phénomènes de société.

Comment as-tu vécu ton passage de l'école à l'insertion professionnelle ?

Le passage de l'un à l'autre s'est fait en douceur. J'étais déjà graphiste indépendante sous le nom de Studio Silex en parallèle de ma licence et de mon DSAA, et je sentais que c'était le moment d'arrêter les études, j'avais hâte de passer à la suite.


Je me suis également rendue compte que l'on a un réel problème de reconnaissance en tant que professionnel et c'est assez difficile au quotidien. Il faut se battre, notre travail est sans cesse remis en question. Le design est une discipline relativement jeune, peu théorisée et peu connue de tous ; malgré la vulgarisation du mot en lui-même qui est utilisé à tort et à travers. La moitié du travail passe par la parole et le dialogue avec le client pour faire comprendre notre niveau d'intervention, il faut adopter une attitude didactique. C'est primordial ; et on ne l'apprend pas pendant les études.


As-tu eu des retours suite à la publication du numéro ?

Oui, quelques-uns. Des personnes curieuses qui ont demandé à lire mon mémoire, des demandes en stage d'étudiants qui s'intéressent également à la fiction et l'anticipation. J'ai aussi été contactée par un entrepreneur qui a pour projet d'envoyer un objet graphique sur la lune d'ici 2019. Nous nous sommes rencontrés, mais ça n'a pas donné suite.

As-tu envie de développer ton projet de diplôme ; poursuivre cette volonté d’accessibilité à des domaines complexes comme les sciences ?

L'occasion de poursuivre mon projet de diplôme ne s'est donc pas concrètement présentée. Mais si elle se présente, ce sera un plaisir de travailler sur un projet de valorisation scientifique — sous condition qu'il soit éthique.

Je n'en ai pris conscience qu'avec le recul, mais c'est aussi ce que j'ai voulu présenter avec mon projet d'anticipation sur Mars en 2080 : une vision éthique et responsable de l'exploration spatiale et les bienfaits qu'elle pourrait apporter si elle est conduite en ce sens. J'invite le public à se réapproprier cette exploration par une narration prospective qui répond à ses préoccupations sociales et écologiques. C'est une sorte de critique en négatif de la plupart des initiatives actuelles qui nourrissent une élite de rêves de gloire et de profits. La planète rouge n'est finalement que le lieu de cette démonstration.


Quels sont tes projets pour la suite ?

Aujourd'hui je vis du graphisme, ce qui était mon objectif. Pour la suite je ne planifie rien à l'avance, car tout est finalement une question d'opportunité : être au bon endroit, au bon moment, rencontrer la bonne personne qui donnera envie de démarrer de nouveaux projets. En étant indépendant, on choisit cette instabilité... je compose donc avec. Mais je pense à d'éventuelles collaborations, et j'ai la tête qui déborde de choses que j'ai envie d'écrire... Peut-être que tout ça donnera quelque chose un jour.

Propos recueillis par Florian Bulou-Fezard



En images

Ajouter un commentaire

La revue

1504270271

étapes: 239

1499771791

Génération Y étapes: 238

1493971500

UX design & interfaces étapes: 237

1489758286

étapes: 236

1484062455

étapes: 235

1479307215

étapes: 234