Grand format Scénographie #1 : la scène fait bloc

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Grand format Scénographie, théâtre, géométri Publié le 11.07.2017

Scénographie #1 : la scène fait bloc

De théâtre ou de musée, la scénographie met en scène. Des corps jouant et déambulant, aux objets inanimés ou affiches en deux dimensions, cet art de la mise en scène est autant un jeu visuel pour le spectateur qu’une recherche de l'ergonomie pour ces mêmes visiteurs.

Cette fois-ci on parle du bloc. Dans l'histoire de la scénographie théâtrale, il est un objet très usité, revisité à de mainte reprise, consciemment ou non. De la plateforme qui suggère un bloc, du monolithe autour duquel on tournoie, objet posé perçu comme une masse infranchissable, ou multitude en poupées russes ; les blocs sont tout à la fois. Il en dit beaucoup, instaure une posture, met une pièce en quatre dimensions. Pa là, le scénographe fait ressurgir ce que l'auteur n'aurait peut-être jamais voulu dire. Voyons ces parallélépipèdes dont tout parle en leur ouvrage.


Hamlet, Yannis Kokkos
Avec son acolyte de toujours, Antoine Vittez met en scène le classique de Shakespeare, Hamlet, en 1983. Le duo a conçu ce décor théâtral emblématique de la scénographie contemporaine. Avec une perspective accélérée, spécifique à l'école italienne, les cubes massifs introduisent une profondeur de champ remarquable d'où surgissent les acteurs, sabrent à la main, prêts à en découdre. Les cubes en miroirs invoquent dès lors une mise en scène linéaire dans laquelle les comédiens officient de profil. C'est au détour de parois blanches immaculées que se jouent les cascades en furie. En contraste, les interstices, plongent les acteurs dans la pénombre.



Je disparais, Stephan Braunschweig
Arne Lygre signe cette pièce au Théâtre de la Colline en 2012. Le scénographe, Stéphane Braunschweig immerge le spectateur dans un univers parallèle. Ces trois espaces cloisonnés au sol et plafond suffisent à dessiner une perspective infinie. Bien que disparus, les parois sont bel et bien présentes ; les rectangles au sol délimitent l’espace. Les blocs suggérés qui se succèdent enferment les personnages dans leur démence, mais évoquent le possible d'une évasion. Les murs à nus promettent cette ouverture.



The Valley of Astonishment, Arthur Franc
Peter Brook a signé, en 2016, ce qui sera vraisemblablement l'une de ses dernières créations aux Théâtre de Bouffes du Nord, celui-là même en cercle, dans lequel les spectateurs ne peuvent avoir le même point de vue de la scène. Ici c'est un carré blanc posé au sol, dont les couleurs au gré des lumières. Les acteurs, munis de chaises aux squelettes cubiques vont et viennent dans cet air de jeu brechtien. Les cubes multiples prennent davantage vie par l'homme. Un jeu de mise en abîme convainquant, pour une intrigue complexe.



Seuls, Emmanuel Clolus
Wajdi Mouawad, fraîchement directeur du Théâtre de la Colline, ouvre la saison 2016 avec l'interprétation de Seuls. Emmanuel Clolus dispose une immense boîte de jeu dans laquelle l’acteur se sert à satiété au fil des ambiances, et de ses émotions. Le comédien créé sa scénographie, unique représentation de son ressenti dans l’instant. Chaque soir c’est un autre volet de la boîte qui s’ouvre. Peut-être personne d’autre ne le verra par deux fois, et c’est cette forme de privilège qui fait la force d’un tel dispositif. La scénographie est au service de la mise en scène, elle même multi-interprétable par les spectateurs sonnés par l’invraisemblable mais probable histoire de cet étudiant. Ce tout possible grâce au processus de travail de Clolus dont la scénographie influence la mise en scène.



Vollmond, Peter Pabst
C'est un roc, c'est un pic qu'impose Peter Pabst sur la scène. Le lit d'eau très fin et transparent contraste avec la masse opaque, contraignante et immuable. Un immense rocher ponctue le vide scénique, autour duquel les danseurs n'en finissent pas de s'essouffler à coup de seaux d'eau et de frappes aquatiques contre la roche fraîche. Un jeu entre une matière naturelle et les corps mouvants, dont la gestuelle des êtres humains est propre aux chorégraphies de Pina Bausch.


Par Florian Bulou-Fezard



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