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Grand format diplômés, école, Typographie Publié le 28.12.2017

Les Diplômés : Quentin Schmerber, typographe chez Production Type

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.



Quentin Schmerber est aujourd'hui diplômé de l'ESAD d'Amiens. Son projet, qu'il poursuit encore, est la police Temeraire, une interprétation contemporaine de l'English Letter : il revisite le style vernaculaire anglais emblématique du XIXè siècle, caractérisé par des lettres contrastées à empattements, un axe vertical, un contraste assumé entre les pleins et les déliés… Quentin a été sélectionné pour suivre le TypeFace Publishing Incentive Program qui vise à financer et publier le travail de jeunes étudiants.



Site: www.quentin-s.ch
Instagram: @qntnschmrbr
Tweeter: @QntnSchmrbr
Behance: Quentin Schmerber

Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l'obtention de ton diplôme ?
J’ai terminé la formation “Typographie & Langage” en février 2016 et j’ai directement intégré l’équipe de Production Type comme "junior type designer" freelance. J’y ai aussi découvert la phase de production des fontes, qui est une étape plus technique et exigeante que créative. Durant cette année et demi de collaboration régulière avec Production Type j’ai eu l’occasion de contribuer à de nombreux projets excitants: des sorties commerciales (Boreal, InProgress, NSType, Columbia Sans, Stratos LC, Antique Gothic…) mais aussi des alphabets de commande, comme le Spectral, un caractère à empattements, diffusé gratuitement sur Google Fonts qui en a surpris plus d’un ! Ansi que beaucoup d’autres choses dont je ne peux pas encore parler…

En parallèle, j’ai également conçu et dessiné un livre sur la collection d’art africain de Jean-François Danquin, feu directeur des études de l’ÉSAD Amiens. Cet ouvrage publié aux Éditions Vivement Dimanche, est notamment composé en Framboisier, un caractère que j’ai imaginé avec ma camarade Dorine Sauzet, et en Ganeau, le projet de Sandrine Nugue, elle aussi issue du post-diplôme de l’ÉSAD.


Puis en janvier de cette année, j’ai commencé une série de chroniques sur le site Pointypo, FrancoFont, qui s’intéressait à la création typographique francophone. J’ai rapidement découvert qu’il était paradoxal d’être à la fois acteur et observateur de cette scène. Les valeurs que je défends au quotidien dans ma pratique (des caractères originaux et artistiquement intéressants, techniquement irréprochables et vendus au juste prix) ne sont pas partagées par tout le monde. Il aurait été délicat d’écrire des articles à charge sur un medium neutre et généraliste. C'est pourquoi j’ai préféré me mettre en retrait et conclure la série. Je suis toujours à la recherche d’un “Stephen Coles français” qui souhaiterait reprendre ma chronique…

Pourquoi avais-tu choisis ces études ?
Je sentais que c’était la continuation logique de mon cursus en design graphique. Cela remonte sûrement à ma découverte de la typographie au plomb avec Bettina Muller, lorsque j’étudiais à Strasbourg. Bettina m’avait alors présenté à Laurent Bourcellier et Loïc Sander, qui commençait à ébaucher ce qui deviendra plus tard le Trianon. Après avoir pratiqué un peu naïvement et quasiment en autodidacte pendant une année ou deux, je me sentais prêt à attaquer une formation professionnalisante pour passer aux choses sérieuses !

Comment as tu vécu ton passage de l’école à l’insertion professionnelle ?
Très facilement, probablement car j’avais déjà accumulé un peu de bagage professionnel avant la fin de mes études. Par un heureux hasard de calendrier j’ai eu la chance de pouvoir prendre la succession de Yoann Minet au sein de Production Type, alors que celui-ci se lançait dans l’aventure Bureau Brut avec Julia Joffre & Camille Prandi. Je suis conscient d’avoir été privilégié et je remercie Jean-Baptiste Levée de m’avoir fait confiance dès le début !


Fantasque

Mysia

Poursuis-tu les travaux typographiques inspirés de caractères vernaculaires ?
Chaque nouvelle création typographique s’inscrit bien sûr dans une certaine tradition. Malgré tout, j’essaye dans mon travail de proposer des formes nouvelles voire étonnantes. Cela se voit particulièrement dans le vocabulaire formel que je développe dans un projet personnel : le caractère Mysia.
Je me sens assez proche de la philosophie que développent Emmanuel Rey & Ian Party de Swiss Typefaces, même si je dois confesser que les vieux spécimens typographiques restent un de mes péchés mignons. Il y a parfois des choses surprenantes à redécouvrir ; dans les Fantasques par exemple !

Quels sont tes projets pour la suite ?
La publication du Temeraire par TypeTogether qui occupe la plupart de mon temps personnel. Je travaille également à la préparation d’une exposition avec le duo de graphistes Syndicat qui s’intitulera “C’est pas la taille qui compte”. D’autres petites idées à droite et à gauche mais surtout quelques projets stimulants à venir avec Production Type. Et je reste bien entendu ouvert à toute nouvelle proposition en graphisme ou en création de caractères ! Par exemple, je rêverais de concevoir un caractère pour une bande-dessinée…

Propos recueillis par Florian Bulou-Fezard



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