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Grand format Concours, Affiche, pas mon genre !, brand content, adobe stock Publié le 28.09.2018

"Pas mon genre!" : Comment notre jury sélectionnera-t-il les gagnants ?

Depuis plusieurs semaines les étudiant.es et diplomé.es de design et d’écoles d’arts s'attèlent à la composition d'affiches d’une exposition fictive intitulée “Pas mon genre !", consacrée aux nouvelles représentations de l’identité. A l’issu de ce concours, trois gagnants seront désignés par notre jury de professionnels. Le trio Studio Fables, Stéphanie Thiriet, journaliste à la rédaction d’étapes: et Fanny Engrand designer graphique pour Adobe France, qui jugeront les projets reçus, nous éclairent sur leurs attentes et leurs critères de sélection.


Mix & Match de Studio Fables

Avant toute chose, qu’attendez-vous de l’interprétation du sujet ?

Studio Fables : Cette thématique nous évoque beaucoup de possibles, les nouvelles identités numériques, les étiquettes de genres, les mutations sociales et culturelles, etc. Nous attendons des participants qu’ils proposent des images surprenantes, des partis pris graphiques forts et des points de vue sensibles et affirmés.

Fanny Engrand : La thématique m’inspire une différence culturelle et sociale. J’attends une interprétation surprenante et graphiquement aboutie.

Stéphanie Thiriet : C'est “Pas mon genre !” a un double sens. Il peut être interprété comme “c’est pas mon style", "c’est pas mon truc”, avec un sens assez théâtral, accolé à ce point d’exclamation.

Le “genre” au sens masculin/féminin est une question qui s’est invitée dans notre contemporanéité et qui convoque de multiples sphères : politiques, religieuses, scientifiques et sociales. Sous-jacent à ce thème il y a “les nouvelles représentations de l’identité” qui peut être aussi une aide, un angle : cela suggère qu’il y aurait donc de nouvelles manières de représenter. Cela me semble peut-être plus concret, plus formel, mais reste à réfléchir... Je pense que chaque participant doit adopter une vraie démarche de graphiste : se poser des questions. Qu'est ce que le “genre” à mon sens ? Au sens général ? De quelle façon est-il représenté aujourd’hui ?
Si les questions sont les bonnes, la réponse apportée, même si elle ne tranche pas forcément le débat, sera forcément la bonne !

Quels seront vos critères pour juger de la qualité et de la pertinence du projet ?

Stéphanie Thiriet : Tout commence par le respect du brief : respect du thème, du format, intégration d’images issues de la banque proposée. Ensuite, assez rapidement, j’aurais tendance à imaginer le destin de l’affiche que je vois : comment pourrait-elle être imprimée et quelle place occuperait-elle dans la rue, aux côtés d’un grand nombre d’images et d’une multitude de sollicitations visuelles. Enfin, s’il est du rôle du graphiste de prêter attention à la qualité visuelle, de donner des clefs pour éduquer le regard, tout projet à un public et il s’agit de s’assurer que ce public perçoive le message et le comprenne. 

Studio Fables : Nous nous attarderons évidemment sur les qualités plastiques des propositions, dont les compositions graphiques et typographiques, le traitement des images ou le travail de la couleur. Nous nous attacherons aussi (et surtout) à analyser la pertinence des réponses sur le fond, l’intelligence avec laquelle le thème est traité, voire, détourné.

Fanny Engrand : Je résumerais les critères avec lesquels je jugerai les projets en quatre points : la qualité graphique de la composition, l’utilisation des images Adobe Stock, le respect de la thématique de l’identité, l’intégration de textes dans l’affiche et la qualité graphique de la composition.


"Pas mon genre!" de Jérôme Masi

Quel est selon-vous la difficulté de cet exercice ?

Stéphanie Thiriet : Les participants disposent d’un catalogue d’images et d’un thème donné : ce n’est pas forcément évident d’associer les deux, ou d’avoir des idées à partir de visuels déjà existants. J’imagine assez bien que plusieurs participants ont dû tourner en rond en se demandant ce qu’ils allaient faire de tel ou tel visuel. Néanmoins, la contrainte peut aussi amener la créativité. Je pense qu’il ne faut pas avoir d’appréhension trop frontale de ces images. Il faut essayer de les ramener à soi, à sa créativité et voir comment elles peuvent s’associer ou se transformer pour générer un projet unique.

Studio Fables : Nous percevons deux difficultés. La première est tout simplement l’absence de commanditaire ou d’interlocuteur direct. Concevoir un visuel sans le nourrir d’un dialogue et d’une dynamique d’échanges est un exercice délicat. Il faut viser juste du premier coup ! La seconde difficulté découle de la première ; la thématique offrant beaucoup d’interprétations, il peut être facile de se perdre dans son discours et de vouloir en dire trop.

Fanny Engrand : Il s’agit de conceptualiser l’idée d’une nouvelle représentation de l’identité en restant simple et compréhensible tout en proposant une identité graphique forte.

Stéphanie Thiriet : Il y a deux adages qui, à mon sens, fonctionnent toujours : “Less is More” et “God is in the details”. Le premier, très Bahaus, semble plus complexe qu’il en a l’air. L’idée de réduire à une épure visuelle tout un univers n’est pas forcément facile, et la maîtrise de cela s’acquiert au rythme des projets. Mais gardons que l’idée maîtresse est de ne pas chercher à en faire trop. Il vaut mieux avoir une idée simple et la mener correctement jusqu’au bout, plutôt que d’essayer de faire une affiche “fourre-tout”. La deuxième règle (God is in the details), évoque précisément l'infinité de micro-détails qui garantissent que tout projet soit agréable à l’oeil : des images détourées au pixel près, des visuels qui se répondent, des placement typographiques cohérents entre eux et avec les images. Pour résumer : soyez précis !


Deconstructed Consciousness, Osheyi Adebayo

Cette année, Adobe Stock propose gratuitement aux étudiants les 5 typographies inachevées des maîtres du Bahaus pour concevoir leur affiche. Quels sont les pièges à éviter dans l’usage de la typographie sur cet exercice ?

Studio Fables : Il n’y a pas plus de pièges à utiliser de la typographie que de la photographie ou de l’illustration selon nous. La typographie, comme tout autre moyen mis en œuvre, doit participer à la narration et à la qualité plastique du visuel. Les participants ont une quasi carte blanche, il faut en profiter et faire preuve de créativité.

Stéphanie Thiriet : le graphisme ne peut se passer de typographie. Je recommanderais aux étudiants de travailler parfois des projets uniquement typographiques, autour de la lettre, voir de griffonner des caractères numériquement ou par le dessin. Le piège à éviter est de venir poser le texte et la typo en fin de création, alors qu’il est nécessaire d’accorder à ceux-ci une place assez rapidement après le début du projet, voir dès le départ, et de les faire travailler en résonance avec les visuels choisis. Trop souvent, on a un texte avec une police de caractère choisie un peu par hasard, et le tout semble “plaqué” sur un visuel, lui plus largement travaillé. Ce décalage de traitement appauvrit l’affiche, c’est dommage ! 

Propos recueillis par Astrid Fedel


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Merci à nos partenaires, Adobe Stock, Adobe Creative Cloud, Microsoft Surface et Exaprint.



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