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News Photographie, évènement, design culinaire Publié le 22.06.2017

[Design Flux] Philippe Conticini x Kongo, la pâtisserie street art

Ce week-end le chef Philippe Conticini a mis ses talents à l'œuvre avec le tagueur Kongo. Le fruit de leur collaboration ? Un feuilleter léger qu'ils nous ont invités à découvrir dans une pâtisserie éphémère à l'ambiance atelier d'artiste en décrépitude. Un résultat poétique qui a vu se conjuguer avant tout, deux histoires personnelles. Ils nous expliquent le procédé de réalisation qui fut une manière de prouver une fois de plus que l'art est partout. Un moyen d'exploration de supports et d'outils inattendus.

Une première vague de discussions a été l'occasion d'apprendre à se connaître ; la question de la forme. L'idée d'une sculpture fut vite écartée, et l'évidence pour le chef pâtissier était d'offrir une toile à l'artiste. Parce que, selon eux, la conjugaison peut se faire d'elle-même il n'était pas utile d'en faire des tonnes, de vouloir prouver son audace par une réalisation ostentatoire. Sur un rectangle de quelques centimètres carrés, il projette des tâches de chocolat blanc colorées et bombe du colorant alimentaire. Finalement, rien ne bouleverse ses habitudes, si ce n'est l'échelle du support. Avec quelques éclats de graines, le chef a pris soin de reproduire une texture qui lui est coutumière : le mur. L'artiste a toutes les cartes en main.

Le fond c'est le goût ; c'eût été une approche sensorielle puissante, vers l'intimité d'une rencontre. Philippe Conticini nous explique que les goûts ont des couleurs, mais surtout des histoires. Il a disposé des échantillons et observé les réactions de Kongo, de l'indifférence à l'émerveillement. De ça est apparu le miel, le chocolat blanc et des éclats de graines provenant du Japon, entre autres choses. Malgré les apparences minimalistes, la tâche est rude, car technique. C'est un socle foisonné, léger, aérien ; il faut que la toile tienne dessus. Ajoutons le problème de la condensation, l'eau écrase tout. Mais ils sont obstinés et veulent raconter l'histoire d'un mets.

Chacune des toiles pâtissières est divisée en plusieurs rectangles pour être dégustée. Photographiées en frontal et proprement encadrées, telles des œuvres d'art, des cadres éclatants habillent les murs défraichis. Bien qu'éphémère, les toiles sont immortalisées au dessus des pâtisseries bientôt englouties.

Interrogés sur la rencontre de deux univers opposés, celui du Street Art et de la haute gastronomie, ils affirment ne pas faire la différence. La peinture et la cuisine sont deux savoir-faire. Et s'il existe un luxe, c'est celui de prendre son temps ; le temps de faire, le temps d'échanger. On en veut pour preuve, le gâteau est une œuvre furtive car désirable.

À ce titre, l'idée de ce gâteau était de cristalliser la mémoire, celle du goût, celle de l'œil, une sorte de "mémoire émotionnelle", disent-ils, de concert, trop émus par leur collaboration. Philippe Conticini conclut " Ce qui est bon est beau, l'inverse n'est pas toujours vrai".

Par Florian Bulou-Fezard
Crédit photographique : © Jean Bigot



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