Interview Plasticbionic, de l'imagination en 3 dimensions

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Grand format Interview Illustration, Typographie, 3D Publié le 23.03.2015

Plasticbionic, de l'imagination en 3 dimensions

Aujourd'hui installé à Berlin, Plasticbionic est un studio fondé par Julien Brisson, un talentueux designer graphique et DA natif de Nantes. Toujours en recherche, il aime explorer différents domaines et se renouveler en permanence. Ses projets, par leur diversité, nous révèlent des univers singuliers, parsemés de créations surprenantes. Une imagination débordante qui a jusqu'alors séduit de nombreux clients. En parcourant son portfolio on découvre des collaborations avec des entreprises comme Orange, Publicis ou encore Heweltt. étapes: est allé à la rencontre de ce graphiste qui n'hésite pas à exploiter avec ingéniosité un nouveau champ de création en plein essor, la 3D.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
32 ans, DA illustrateur originaire de Nantes exilé à Berlin.
Je travaille en freelance depuis 10 ans sous le nom de Plasticbionic sur des projets variés particulièrement pour la publicité et l’édition.
Je m’investis dans plusieurs domaines comme l’illustration, la 3d, la conception d’identité visuelle, le set design, la photographie, le packaging ou encore le webdesign. Depuis 2 ans, Angèle (Blow By Blow) m’a rejoint en tant que graphiste, nous travaillons comme un studio, main dans la main.

Pourquoi "Plasticbionic" ?
C’est un clin d’oeil à 2 références. Plastikman pour la musique (pseudo de Richie Hawtin) connu pour ses compositions ambiants et techno minimalistes, et le studio de design Bionic System qui faisait pas mal d’illustrations vectorielles au début des années 2000 au même titre que Design Chapel. À l’époque étudiant en arts appliqués la semaine et Dj le week end, ce pseudo sonnait comme une évidence.

Quels ont été vos premiers travaux en tant que designer graphique ?
J’ai débuté lorsque j’étais étudiant par "l’école du flyer" essentiellement pour la night. Mon terrain de jeu était les soirées techno où il était possible d’écrire en corps 6,5 le line-up de la soirée pour laisser place au visuel. C’était une vraie période de tests et d’expérimentations avec une entière liberté de création.
Une fois diplômé, j’ai rejoint le studio Fly Designers pendant 5 ans en tant que DA. Nous travaillions sur des projets print et web dans l’événementiel. J’y ai rencontré une équipe et des amis avec qui je collabore toujours. Nous étions en perpétuelle ébullition à nous balader entre différents styles graphiques. Cette époque m’a amené à développer une identité artistique plus affirmée.

Quelles ont été vos sources d'inspiration ?
Herb Lubalin, Igarashi Takenobu sont pour moi des grands maîtres du design graphique.
Les grands courants artistiques comme le surréalisme, l’art déco, l’école du Bauhaus font partie de mes influences d’hier et d’aujourd’hui. J’aime me plonger dans de vieux bouquins à la recherche d’anciennes références ou mouvements, les revisiter pour leur donner un caractère nouveau. L’architecture, le cinéma, la musique sont aussi des sources d’inspiration.

Comment définissez-vous l'approche de votre métier ?
Artisan de l’image.

À ce jour, quels ont été vos travaux les plus conséquents ?
Récemment, un de nos gros projets a été de concevoir le lookbook Automne Hiver de la marque de chaussures Armistice en collaboration avec Neopen. Un projet photographique excitant qui s’est étiré sur plusieurs mois, où nous avons travaillé de la conception à la livraison finale des images en passant par toutes les phases de production du shooting (casting, stylisme, make-up,…).
Depuis 5 ans, Costume 3 Pieces me représente auprès de clients ou agences internationales dans les secteurs de la publicité, de la presse, ou de l’édition. Nous avons réalisé de beaux projets notamment pour Christofle, Lancôme, Google et Orange.
Je ne me restreins pas à un type de projet ou de commanditaire. Ce qui m’intéresse c’est l’échange et d’exploiter un maximum les libertés créatives possibles. Elles sont parfois plus grandes avec de plus petites structures - c’est le cas par exemple avec l’Echonova (salle de musiques actuelles sur Vannes) dont nous réalisons la communication depuis 3 ans, et également avec Fragil Musique ou je développe les visuels du label depuis sa création.

Quelles ont été vos plus belles collaborations ?
Les plus belles collaborations sont celles qui laissent une place à la créativité et au challenge.
Nous collaborons sur certains projets avec des amis spécialisés dans différents domaines - développeurs, illustrateurs, photographes, motion designers - avec qui nous partageons la même idée de la création.
J’ai eu l’opportunité de travailler en collaboration avec Serial Cut à Madrid ainsi que McCann à San Francisco il y a quelques années.
Le fait de travailler dans des équipes créatives sensibles à l’esthétique et au design graphique, m’a permis de renouveler mes propres exigences.
Plus récemment, j’ai travaillé sur des projets excitants avec des agences telles que Grey SF ou sur du digital avec les 84.Paris, Nedd, Uzik.

Quelle est votre approche vis-à-vis de l'art de la 3D ?
La frontière du réel et de la création numérique me stimule. J’aime évoluer dans cet univers où la lumière peut donner vie à différentes atmosphères. Nous travaillons dans le même sens sur des projets photographiques en set design. J’aime cette confusion, c’est un élément récurrent dans mon travail. Dans la création graphique, j’imagine la 3D comme un outil supplémentaire, qui ouvre énormément de possibilités mais n’est pas une réponse systématique. Pour moi, ce n’est pas un "art", qui serait supérieur à un travail en 2D. Je suis autant sensible à des motifs ou une typographie en aplat qu’à des illustrations réalisées en 3D. Ce qui m’intéresse le plus c’est la force et l’équilibre de l’image. Un créatif doit avant tout surprendre. Je pense que c’est en travaillant sur un angle différent que l’on va innover.

Selon vous qu'apporte la 3D à la création typographique ?
Une autre lecture. Elle amène une nouvelle réflexion sur la combinaison entre l’image et la typographie. Les possibilités sont infinies. Elle repousse continuellement les limites du réalisme.

Comment procédez-vous pour créer ce type projet ?
Généralement il y’a toujours une phase de réflexion sur papier. Cela me permet de fixer l’idée avant de commencer la modélisation. On peut vite se perdre en attaquant un visuel directement en 3d.
Pour les projets persos cela dépend, j’aime provoquer les accidents, les bugs, pour expérimenter de nouvelles choses.
J’essaie de trouver un défi dans chaque nouveau projet. Cela peut aller du traitement de la lumière, aux jeux d’ombre, aux choix typographiques. Je recherche une certaine sophistication dans l’image en jouant avec des formes épurées, et des textures nouvelles. Je peux passer beaucoup de temps à caler des détails, multiplier les versions, pour trouver l’équilibre dans la composition.

Comment voyez vous le futur de la 3D dans le design graphique ?
Je pense que dans les prochaines années elle va continuer de se démocratiser. L’apprentissage de la 3d s’est étendu, les logiciels sont devenus de plus en plus accessibles. De la vidéo à l’impression 3d, elle devient aussi incontournable dans le design graphique.

Vos préconisations pour les graphistes qui souhaiteraient se lancer dans ce domaine?
Être curieux, travailler dur, tester, expérimenter, explorer. Encore et encore.
Ce qui est le plus difficile mais le plus nécessaire c’est d’avoir sa propre identité visuelle et un style authentique.

Quels sont vos projets futurs ?
Nous avons quelques beaux projets commerciaux en cours.
Continuer d’apprendre de nouvelles techniques, développer des projets perso, faire une expo, voyager, profiter.

http://www.plasticbionic.com



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