Grand format Sónar 25 ans, ça se fête !

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Grand format albert estruch, querida studio, brand content, ied barcelona, sónar Publié le 04.12.2018

Sónar 25 ans, ça se fête !

On ne présente plus le festival de musique électronique et d’arts numériques barcelonais Sónar, qui a su, au fil des années, se positionner comme un emblème de la culture électro sur la scène internationale. Pour célébrer ses 25 ans, les étudiants en 3e année de l’Undergraduate Degree in Graphic Design, Motion Graphics & Video d’iedbarcelona.info ont conçu une publication commémorative sous la direction d’Albert Estruch. Le co-fondateur et directeur de création de Querida Studio, agence de design multidisciplinaire à l’origine du magazine Perdiz, revient sur la genèse du projet.

Pouvez-vous nous parler du contexte dans lequel a été conçu le projet éditorial des 25 ans du Festival Sónar ?
Il s’agit d’un projet tutoré intensif, intitulé « Editorial Project and Interactive Communication ». À travers une approche pratique et un suivi individuel, notre objectif était de développer avec les étudiants un projet éditorial complet, depuis la conceptualisation jusqu’à la production de l’objet. Le contenu du programme et le brief étaient conçus en commun au sein de l’agence. Sónar étant l’un de nos festival préféré, nous avons profité de la célébration de ses 25 ans cette année, pour proposer aux élèves de concevoir un livre commémoratif.
J’enseigne ce cours en anglais à une classe d’environ vingt élèves internationaux. Cette année la classe était notamment composée d’étudiants d’Amérique Latine, de Russie, des États-Unis, du Royaume Unis, du monde entier en somme, un peu comme à l’ONU.

Concrètement, quels étaient les prérequis de cet exercice ?

Le brief était assez ouvert pour permettre aux étudiants d’expérimenter autours des aspects du projet qui attiraient le plus leur attention. Pour les guider, nous avons fourni les textes de la publication et établi quelques critères formels, dont le nombre de pages et les dimensions, ici 17 × 24, soit le même format que la revue Apartamento. Nous avons défini des typologies de rubriques standards, avec un nombre minimum de pages et laissé une section libre, où l’étudiant avait carte blanche pour développer une idée en lien avec le festival. Jili Ana Jennerjahn dans son projet « Sónar Waves », a par exemple interprété visuellement des morceaux de musique électronique, à partir du programme de modélisation et d’animation Cinéma 4D. Elle a ensuite imprimé sur papier les formes créées pour la publication.



Jili Ana Jennerjahn, « Sónar Waves »

Comment les équipes du festival Sónar ont-elles reçu cette initiative ?

C’est la première année que l’école collabore avec le festival et dès le départ, l’équipe a été très réceptive. Je connaissais personnellement Georgia Taglietti, responsable PR et relations internationales du festival.
Elle a donné une conférence de 3 heures en début de semestre, pour aider les élèves à comprendre la trajectoire et la philosophie du festival. Les étudiants ont pu poser leurs questions. Certains connaissant plus le festival que d’autres, ce fut donc une manière de faire démarrer tous les élèves sur une base de connaissances communes.

Comment avez-vous accompagné les étudiants sur ce projet ?
Nous avons commencé par des sessions générales, puis nous sommes allés progressivement vers un enseignement personnalisé. Nous avons dédié une séance à l’exposition de nos références et notamment au travail de Bureau Borsche, Jop Van Bennekom, Fortunato Depero, ou Lernert & Sander. C’est important d’éduquer l’œil. Au delà du design graphique et du design éditorial, nous avons partagé avec les étudiants des travaux visuels très variées, comme des vidéos ou des œuvres d’arts, qui font partis de nos références, mais ne sont pas toujours consultables sur internet. L’idée était de les inciter à se rendre sur les expositions, les marchés aux puces, à chercher l’inspiration dans le quotidien, ce qui implique d’être réceptif à ce qui les entoure.

Quelle était la principale difficulté rencontrée dans cet exercice ?

Le plus gros défi dans ce type de projet est d’appréhender l’objet éditorial d’un point de vu conceptuel et de choisir un thème à partir duquel développer toute la publication, et ce, bien avant de réfléchir au design ou à la maquette. À ce sujet, l’exemple de Debi Hasky est intéressant. Au moment d’esquisser le projet à la main, l’étudiante, qui est originaire de Miami a fait une erreur d’accent. Le mot « Sónar » est devenu « Soñar » qui signifie rêver en espagnol. Nous avons trouvé l’idée intéressante et à partir de cet accident, elle a développé le concept du rêve tout au long de la publication, avec différentes traductions formelles. Le résultat, très expérimental, présentait des morceaux de textes désordonnés, et des superpositions d’images qui généraient des motifs abstraits, très oniriques.

Selon quels critères avez-vous évalué le projet ?
Je me suis avant tout intéressé à la progression de l’élève. Il y a eu plusieurs rendus au cours du semestre. Je compare les premiers rendus au résultat final. Ce qui m’intéresse, c’est de voir l’évolution incroyable entre les deux. Nous sommes globalement très contents du résultat et réfléchissons déjà à une nouvelle idée pour l’année prochaine.

Propos recueillis par Astrid Fedel.


L’Undergraduate Degree en Design Graphique prépare les étudiants à concevoir et programmer des solutions de communication visuelle sur une large diversité de supports, dans les domaines du branding, de la publicite, du design editorial, de la signalétique, de l’interface web et dans d’autres disciplines impliquant les innovations technologiques.

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