Grand format Un après-midi au congrès de l’AGI

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Grand format agi, Graphisme, conférences Publié le 02.10.2017

Un après-midi au congrès de l’AGI

Le Yoyo (club du Palais de Tokyo), de jour, le teint frais, on n’y est pas habitué ! Pour autant, cette salle dans un noir absolu et légèrement en pente dans laquelle on s’engouffre, semble être parfaite pour accueillir une conférence. Nous nous y retrouvons pour le congrès de l’Alliance Graphique Internationale. Le thème de l’édition 2017 est « Borders ». Les discussions de cette 4e journée s’orientent autour de la communication entre les cultures, des liens entre le design et son environnement, politique, société, art.


MINCHAYA CHAYOSUMRIT, la graphiste aux 10 000 lignes.

Ouverture du bal avec une artiste : Minchaya Chayosumrit, qui a fait du graphisme et de l’estampe, ses domaines de prédilection. Passée à la Central Saint Martins de Londres, elle est aujourd’hui basée à Bangkok. Dans ce pays où l’industrialisation est latente, elle développe un intérêt pour les travaux manuels et les processus de gravures. S’ensuivent des expérimentations discursives qu’elle présente par paires.


Dans un dilemme confrontant la main et la machine, elle dévoile deux dessins aux motifs de chevrons semblables. La frontière, la limite, la ligne : ici il y en a 9 880 sur chaque dessin. L’un est dessiné à l’ordinateur en 8 minutes et 10 secondes, l’autre à la main en 23 heures et 35 minutes. La démonstration est limpide et sans équivoque. Du reste, il est évident que la sensibilité d’un trait droit est le fait de la graisse qui varie selon l’intensité de la main de la graphiste taïwanaise ; « Le geste et l’outil » dit-elle. Un motif en chevron, noir et blanc sur un papier ivoire, trouble notre perception : les lignes bougent. Elle nous explique patiemment comment elle obtient ces traits, quels rapports sains elle entretient avec la machine, outil de conception ou de représentation.


En 2013, elle cofonde The Archivist, un petit studio qui se spécialise en sérigraphies réalisées à la main. En 2015, pour pousser encore plus les limites techniques et graphiques de la sérigraphie et éprouver des illusions d’optiques, son studio crée un workshop regroupant 12 artistes et designers. La sérigraphie y est mise à rude épreuve. L’ordre de passage prédomine dans la sérigraphie et elle nous le démontre aisément en mettant en opposition deux réalisations dont la trame est semblable. Car si la première nous montre un cube en perspective cavalière, l’autre représenterait plutôt un diagramme hexagonal dont la densité diminue en son contour.


ANDREW ASHTON & JAMES BROWN, l'humour australien

Avec Andrew Ashton et James Brown (aucun lien avec le chanteur), la conférence prend un tout autre ton. Les deux designers australiens présentent tour à tour leurs projets avec pour dénominateur commun : le sarcasme. Peut-on dire que ces deux créatifs dépassent les bornes ?


Andrew Ashton est tout à la fois. Au studio Work Art Life, il est designer, écrivain et directeur artistique. Basé à Melbourne, il a pour habitude de s’entourer de gens, de travailler par pair ou en groupe, et finalement ça se voit. Il réalise des cartons d’invitations pour un « wine baptem of fire », s’amusant des codes à l’international : dessinons avec du vin. Plus en adéquation avec la thématique des frontières, Andrew Ashton nous présente la campagne « Fake French » qu’il a réalisée pour l’Alliance Française en Australie. On y voit des Australiens tentant maladroitement de prononcer des phrases plus ou moins clichées, sur un fond d’accordéon. Quand il rit gentiment des Français, on adore ça !




En bon défricheur, James Yeha Brown explore dans chaque projet la façon dont la créativité donne un certain sens à ce que nous faisons. Il en fait démonstration à travers une architecture artistique, sensible, colorée. Son travail poursuit un but : tous ces ingrédients contribuent à rassembler les gens. Son restaurant coloré Africola est considéré comme l’un des meilleurs en Australie, lieu propice aux rencontres cordiales. Toujours teinté d’humour, voire de cynisme, les packaging des produits qu’il dessine percutent le consommateur. Avec un brin d’empathie, il se met à la place des gens. À regarder ses projets, on a l’impression qu’il sait prendre un formidable recul sur les demandes qui lui sont faites.

Par Florian Bulou-Fezard



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