Reportage Un parcours graphique au Printemps de l'Art Contemporain

Recevoir la newsletter

Recevez chaque semaines la newsletter étapes:

1528816686
Lancer la galerie 31 images
Grand format Reportage Publié le 19.05.2016

Un parcours graphique au Printemps de l'Art Contemporain

Le soleil brille sur le vieux port, les terrasses se remplissent et les expositions fleurissent, c’est le retour du Printemps de l’Art Contemporain, le PAC à Marseille.

Depuis 8 ans, le festival organisé par l’association Marseille Expo investit chaque quartier, des galeries aux musées, afin de promouvoir l’art contemporain. Cette année, c’est du 5 au 28 mai que professionnels et amateurs sont invités à découvrir la ville autrement grâce à cet évènement. étapes : s’y est rendu pour le lancement et vous dévoile les 5 lieux qui ont interpellé notre âme de graphiste. 
 

Mehryl Levisse - Oiseaux de mauvais augure 2016

 Tania Mouraud

Premier stop à l’Atelier Tchikebe, imprimerie d’art spécialisée dans la réalisation d’œuvres en sérigraphie. Le lieu est connu pour la qualité et l’originalité de ses tirages, comme en témoigne une sérigraphie dorée à la feuille réalisée avec l’artiste Mehryl Levisse dans le cadre d’une commande pour les Amis du FRAC Champagne-Ardenne. À l’occasion du PAC, Tchikebe donne carte blanche à Tania Mouraud. L’exposition regroupe des œuvres inédites produites par l’artiste à l’atelier. Il s’agit de transcriptions graphiques de citations sérigraphiées sur de l’aluminium, du verre et du miroir. Réalisées grâce à des techniques innovantes voire expérimentales, les créations reflètent la collaboration étroite pour chaque projet entre les artistes et les imprimeurs et l’exploration des capacités techniques de la sérigraphie. 
 


Château de Servières - Elsa Mingot

Notre chemin se poursuit au Château de Servières, association qui travaille à la promotion de jeunes artistes. Au sein de la Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de Méditerranée, on découvre le travail d’Elsa Mingot articulé autour de la mort et des rites funéraires. L’artiste propose dans une œuvre-performance de parer les murs des crématoriums austères de papiers-peints aux dessins enfantins. Tandis qu’elle explique la teneur de son projet, des rouleaux sont sérigraphiés devant les visiteurs aux couleurs et motifs créés lors d’interventions en école maternelle, mêlant animaux, fleurs et personnages tristes ou rigolos.
 

Atelier de Pierre Boggio

Julie Michel - (birds)flock, 2016

Direction la Friche la Belle de Mai, lieu de création et de diffusion aux multiples facettes. Le parcours débute dans les ateliers d’artistes, spécialement ouverts pour l’occasion. Formé au graphisme, Pierre Boggio nous ouvre les portes de son espace de travail où il tente d’élargir le champ du design graphique que ce soit au travers de la sculpture, de l’installation ou encore de l’écriture. Nous poursuivons notre visite par l’exposition « Hasards Heureux » qui valorise les œuvres produites au sein de résidences dans les ateliers d’Astérides. Julie Michel y présente (birds)flock, une installation de 365 chants d’oiseaux dessinés d’après le Guide sonore ornithologique de J-C Roché & Jérôme Chevereau. 
 

vue de l'exposition Les Possédés.

Nous passons ensuite par l’exposition « Les Possédés », où nous nous attardons sur les 52 posters de Saâdane Afif  présentés au 4e étage. Peu souvent réunies dans leur intégralité, ces affiches sont une composante à part entière de son oeuvre depuis les années 2000.


Enfin, nous sommes attirés par un espace en ébullition ! L’atelier de travail au Petit Théâtre ne passe pas inaperçu, ici l’impression de gravure sur bois se fait avec un rouleau compresseur ! Jean-Baptiste Sauvage en collaboration avec les artistes Arnaud Maguet et Cédric Teisseire, mène un workshop de taille XXL. Les étudiants des écoles supérieures d’art et de design de Marseille, Toulon et la villa Arson sont amenés à inventer de nouveaux gestes liés aux grands formats et à la manipulation d’outils à grande échelle.
 


Vue de l'exposition de Pat McCarthy « Brick by brick »

Vue de l'exposition de Samuel Etienne « Bricolage Radical »

Nous poursuivons notre chemin au FRAC PACA qui accueille une exposition de Pat McCarthy : « Brick by brick ». L’artiste s’est emparé du médium du fanzine pour raconter ses aventures sur les routes des États-Unis. Sur les murs, s’affichent les pages comme autant d’étapes de son travail. À Marseille, il transforme un caddy pour l’accompagner dans ses pérégrinations. Muni d’un groupe électrogène et d’une photocopieuse, d’un ghetto blaster, de papier, ciseaux, de ruban adhésif et d’un appareil photo, le voilà paré pour arpenter les rues et cités à la rencontre des habitants. Avec ce « Chariot de papier », il déambule pour produire de l’art là où l'on ne l’attend pas.
Sur le 3e Plateau, on découvre la collection de fanzines de Samuel Etienne sous le titre « Bricolage Radical : Le Fanzine DIY, media banal ou media rebel? ». Manuscrit, fait à la main, assez rudimentaire, le fanzine est souvent un espace de résistance, au travers duquel il est facile de s’exprimer librement. Les exemplaires présentés donnent un aperçu des identités de ce média alternatif.
Ces deux expositions ainsi que « Rebel Rebel » le salon international du fanzine qui s’est déroulé au FRAC en avril, souligne l’engagement de ce lieu institutionnel envers le fanzine, médium si peu valorisé.

 
 

« Ink - éditions singulières » au Studio Fotokino

Nous achèverons notre parcours avec le coup de coeur du festival : l’exposition « Ink - éditions singulières » au Studio Fotokino. Pour la première fois, le lieu accueille 7 maisons d’éditions indépendantes, aux pratiques alternatives, dont les livres et productions graphiques sont présentés comme autant d’oeuvres d’art. C’est la démarche singulière de ces petits éditeurs, bien souvent proches de la micro structure qui est mise en valeur ici. Malgré des contraintes techniques et budgétaires importantes, les projets rayonnent par la qualité de leur production et de leur contenu. Réalisés avec la collaboration d’artistes contemporains, photographes, dessinateurs, ces ouvrages sont une composante à part entière de la scène des arts visuels. L’exposition invite à toucher, feuilleter, s’allonger dans un hamac avec un livre et donne incroyablement envie d'en rapporter un chez soi après un passage par la librairie. Toute en bois, la scénographie chaleureuse joue avec des éléments modulables et colorés du designer marseillais Jérôme Dumetz. Sélectionnés à travers le monde pour leur pratique éditoriale, vous pourrez découvrir sur les tables et étagères: Théophile’s Papers (Bruxelles), Nieves (Zurich), FP&CF (Paris), Automatic Books (Venise), Hate Press (Londres), Cornes (Séoul), Editora-Aplicação (Recife, Brésil). Si vous n’avez pas encore votre billet pour Marseille ce mois de mai, ne vous inquiétez pas, « Ink » a vocation à se reproduire chaque année! 
 
La date officielle de clôture du festival est le 28 mai, cependant la plupart des expositions présentées seront encore ouvertes en juin et en juillet. 

http://bit.ly/1XmQNQn

Reportage par Marion Bothorel.



En images

Ajouter un commentaire