Archi et data arrivent en ville.

A Montpellier, en juin dernier, le Festival des Architectures Vives a questionné les liens entre le numérique et la ville. Des tandem d’architectes ont créés des installations poétiques ou réflexives. Retour sur cette édition 2018.

Dans le cadre du festival, le patrimoine de Montpellier s’est dévoilé aux flâneurs. Le temps d’une semaine de juin, l’historicité du coeur de ville a rencontré la création contemporaine. Des groupes de designers et d’architectes ont investi des cours d’hôtels particuliers avec des installations sur le thème Sencity. Derrière ce terme énigmatique, se dessine la ville de demain : celle qui se construit en lien avec les données des citadins ou qui concrétise les interactions des réseaux sociaux.

Dans la cour d’un Palais du 16ème siècle, les citadins circulent autour d’un labyrinthe. Leurs mouvements deviennent des sons. L’installation Nature électrique associe la simplicité d’un parcours d’ossatures en bois à une dimension interactive plus énigmatique.« Une peinture numérique vient capter les déplacements des utilisateurs » expliquent ses concepteurs, Axel de Stampa et Sylvain Macaux.

Si quelques groupes d’architectes ont opté pour des propositions plus contemplatives, six à sept installations invitent les visiteurs à devenir acteur. Avec Complicity, Maïlys Venner et Camille Vanier, convient le public à planter une fleur dorée sur une structure, pour transformer la cour de d’une demeure du 15ème siècle en un jardin poétique. Elles commentent : « Un pied de nez à la froideur des nouvelles technologies. La fleur tout particulièrement, représente pour nous le côté éphémère et volatile des informations que nous générons au quotidien. »

Redonner aux usagers la pleine conscience des données et les utiliser comme un potentiel apparaît être un enjeu des années à venir. « Déposer simplement une fleur, met en évidence l’importance d’être conscient de la rapidité et de la facilité des données personnelles que nous pouvons échanger. Un geste à réfléchir ! » – suggère Maïlys.

Noël Picaper décrit le numérique comme « une nouvelle référence dans la ville, impalpable ». Lui et son associé Hugo Bertrand ont cherché à matérialiser celle ci en proposant une multiplicité de petits objets, d’environ 10 centimètres, placés au niveau du sol. Certains, blancs et plus abstraits « matérialisent l’espace numérique ». D’autres, plus précises (un serpent, un arbre…) sont autant de formes figuratives, de références personnelles rendues au public afin qu’il se les approprient. Le projet, situé dans une bâtisse du 18ème siècle, se nomme Stories en référence aux stories des réseaux sociaux Instagram et Snapchat, « mais finalement, il n’y a pas forcément besoin de cela pour se raconter des histoires. L’idée est d’intégrer le spectateur dans une démarche de projet en devenir. En se mettant à la hauteur des objets, les gens se racontent leur propre histoire. Aussi, ils se concentrent sur un élément, dans un flot de formes qui évoque celui des données ». Selon le duo, le numérique a un rôle de médiation dans les espaces urbains : « il crée un nouveau référentiel, et divers projets artistiques ou architecturaux opèrent une matérialisation plastique du numérique ». L’architecture mérite d’intégrer cette notion, qui – poursuivent-ils « se concentre aujourd’hui dans les objets ».

Un rôle de médiation qu’Axel de Stampa figure, sur la toile, dans un échange d’informations et un partage des projets en open source (libres de droits) : « les industriels devraient prévoir des kit pour leurs projets (architecturaux, comme technologiques) destinés aux grand public pour que celui ci s’approprie les projets, en prenne connaissance et les comprennent mieux. Il existe dans cette idée de données (DATA) une notion de partage à exploiter ».

Le collectif Hexa(gone) qui a placé dans une cour d’hôtel des colonnes hexagonales colorées à organiser en fresque, résume « notre pratique connaît une nette mutation depuis quelques décennies à travers le numérique. Ce dernier est aujourd’hui un outil, une méthode de travail. Néanmoins pour créer la ville de demain et assurer la qualité de vie des citoyens, au delà de l’emploi du numérique, l’architecte a un rôle important à jouer par son regard sur l’évolution de la société ».

notes
Axel de Stampa et Sylvain Macaux sont responsables d’une plateforme de recherches et d’expérimentations autour de na notion d’architecture spontanée, voir week 1 project
Stories fait parti d’un plus grand projet expérimental nommé Floating Fantasy, mené par Noël Picaper et Hugo Bertrand
Le collectif Hexa(gone) se compose d’Anaïs Cornu, Logan Rainon et Mylène Serra

Toutes photos : Paul KOZLOWSKI ©photoarchitecture ©FestivaldesArchitecturesVives

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