Arthur Foliard : « Ce n’est pas plus facile d’exercer à Londres »

Toujours à la recherche de nouvelles idées, Arthur Foliard est un designer graphique natif de Paris, installé à Londres. Ses créations uniques et épurées explorent divers champs créatifs et s’inspirent de chaque élément qui compose son environnement. À seulement 25 ans, le jeune designer nous dévoile un parcours professionnel impressionnant, exerçant son talent dans de prestigieuses agences telles que Landor, Pentagram, et Movingbrands. Ce globe-trotteur ne veut pas s’arrêter là et souhaite continuer à s’enrichir des voyages, des rencontres et expériences en tout genre, pour poursuivre sa progression dans le graphisme.

Pouvez vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Arthur Foliard, j’ai 25 ans, je suis né à paris et je suis Designer chez Movingbrands à Londres. C’est très court mais assez représentatif.

Quel a été votre parcours pour devenir designer graphique ?

Au départ j’ai étudié à Intuit-Lab pendant trois ans. J’ai profité de la troisième année pour partir 6/7 mois à Landor San Francisco.
L’expérience fut tellement incroyable que lorsque je suis revenu pour finir ma quatrième et cinquième année, j’ai directement décidé de partir à Londres et de travailler chez Pentagram. Je suis resté un petit moment jusqu’à ce que je sois engagé chez Movingbrands où je travaille depuis plus d’un an maintenant.

Comment définissez-vous l’approche de votre métier ? Vos sources d’inspiration ?

Une seule approche doit rester et perdurer. L’idée, l’idée, l’idée. Je considère qu’un designer avant même de designer, ou même de penser au design, doit avant tout penser à l’idée. J’ai eu la chance à San Francisco et à Londres d’être entouré de gens qui ne se basent que sur ça avant tout. Pas besoin de faire du ‘beau’, bien mignon, si l’idée n’est pas là, ils ne prendront même pas le temps d’y jeter un coup d’œil. L’important c’est de se dire que le design sera encore plus fort et bien plus facile à produire s’il est basé sur quelque chose de solide.
Créer sans but n’a aucun sens. Ça en devient même compliqué, car plus le sujet est vaste et libre plus il y a de chance que le message soit faux ou incomplet.

Que cela vous a t-il apporté de participer à des concours, à des prix ?

À l’école on a fait à peine 2 ou 3 concours, donc ce n’est pas assez pour m’avoir apporté vraiment quelque chose. Mais j’avais beaucoup aimé la coupure entre les cours et les semaines où on travaillait dessus. Ça donnait un petit avant goût de la vie professionnelle.

Comment faites-vous pour vous promouvoir ?

Je ne me suis jamais promu. J’ai eu la chance, par une raison inconnue, d’être publié sur un blog, un jour. À partir de ce jour mes travaux ont été publiés sur des blogs, des sites, des livres. Je répète souvent que tout le monde pourrait avoir autant de visibilité que moi, j’ai eu la chance d’être découvert par hasard, mais il y a plein de gens qui mériteraient tout autant que moi de l’être.

Vous êtes aujourd’hui basé à Londres. Que ressentez-vous pour cette ville autour du design graphique ?

À la base je suis venu à Londres car tout ce qui était nouveau, dérangeant, révolutionnaire venait à 90% de là. C’est comme si la ville entière vivait pour le design. En arrivant ici, premièrement l’impression était confirmée et à force de connaître la ville, des gens, de faire des expériences professionnelles et culturelles, on se rend compte que ce qu’on pensait de la ville n’était que la partie immergée de l’iceberg. J’ai découvert des tonnes de façon de m’inspirer, pas simplement par le design mais par ce qui m’entourait. C’est une ville toujours en mouvement, qui continue d’évoluer, immensément grande, qui se renouvelle énormément.

Pour répondre à la question à propos de mes sources d’inspirations, j’essaye souvent de m’inspirer de tout. Pas forcément lié à mon travail ou au design. Peu importe le domaine, les Sciences, l’Art, la Finance, j’ai toujours, toujours, quelque chose qui m’inspire. Je ne parle pas d’avoir l’inspiration divine mais je trouve que beaucoup d’histoires peu importe leurs origines peuvent être comprises et utilisées ensuite.

Est-ce un choix vis-à-vis de votre activité ? Est-ce plus facile d’exercer à Londres qu’à Paris ?

C’est pas plus facile d’exercer à Londres. Je trouve que c’est plus dur, que le niveau est supérieur, mais ça dépend de la motivation. Avec du recul je pense que j’ai trouvé un travail grâce à ma motivation et ce que je dégageais comme personne. J’en ai bavé, comme tout ceux qui sont avec moi aujourd’hui et qui viennent de Paris. Il faut le vouloir, le travail est incroyable, encore une fois et beaucoup de gens veulent travailler ici. Je préfère engager quelqu’un de moins bon et motivé plutôt que bon et blasé. La personnalité de chacun c’est ce qui importe au départ, sa manière de voir les choses. Le portfolio, tout le reste c’est important mais pas indispensable. Encore moins le CV, et les “noms prestigieux” d’écoles ou agences, c’est à oublier.

Peu importe que vous soyez timide, extraverti, calme, actif, il faut juste être soi même. Le conseil que je donnerai c’est d’arrêter les envois de portfolio/cv en masse aux agences, ça ne rime à rien. Trouvez l’agence qui vous fait envie. Je ne parle pas de ressemblance, car trouver un endroit qui vous ressemble ne vous apportera rien.

Personnellement j’ai toujours envoyé des lettres de motivations qui devaient prendre dix minutes à lire. Je le fais très personnel, très conscient du travail de l’agence, des gens qui en font partie, c’est ce que je suis, ça a marché, tant mieux pour moi, car j’ai visé des choses qui me faisaient rêver.

Comptez-vous parcourir/vous installez dans d’autres pays pour enrichir vos savoir-faire ?

Oh oui! Ce que m’a apporté San Francisco et Londres est sans égal. Je n’aurai jamais eu la même expérience et vision des choses en étant resté à Paris.
Ce n’est pas simplement l’expérience professionnelle qui m’a enrichi, mais tout ce qui m’entoure. Les rencontres, les expériences en tout genre, la culture. C’est ce qui fait que je suis comme ça aujourd’hui.

Tout le monde me pousse à voyager, mes amis, ma famille, mes collègues. Même ceux qui sont restés à Londres ou à San Francisco toute leur vie me disent que lorsqu’ils rencontrent un “voyageur” ça se ressent tout de suite. Travail et relationnel en même temps. Voyagez, découvrir ce qui se passe autour, il y a tellement de choses à voir.

Quel projet vous a le plus marqué ? A été le plus enrichissant ?

Je vois les choses de deux façons. J’aime mon métier car je vis un projet à 100%, donc chaque nouveau client est enrichissant pour moi. J’apprends tout les jours. Si jamais je travaille sur une start-up en finance ou un équipementier sportif le lendemain, je vais devoir apprendre à propos du secteur en question. Les exemples sont fictifs mais c’est le quotidien.

Après s’il faut choisir un projet, je dirai Housing, à Movingbrands.
Les premières semaines étaient très positives, nous étions très contents et finalement le client a détesté. On avait créé Housing depuis la vision que l’on avait de l’Inde. Mais ce n’est pas la vision que l’on a d’eux qu’il fallait retranscrire, mais la vision que l’Inde a d’elle même. Moderne, progressive et jeune. Essayer de produire ce qu’on pense être d’une culture, d’un client, d’un secteur sur des suppositions est faux. J’ai beaucoup appris sur la façon de gérer un projet en lui même.

Quels sont vos projets à venir ?
Haha je voudrai bien en parler mais je ne peux pas!

http://arthurfoliard.com/

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