Bizarre Bizarre : une touche française à Montréal

En quittant la France pour traverser l’Atlantique, Maxime Francout a préféré le cosmopolitisme montréalais au rêve américain. Dès 2006, après des études en publicité à Bordeaux, il s’exile au Canada.

Le Rochelais rejoint d’abort la côte ouest avant de s’installer dans la capitale québécoise, pour y mener une carrière d’illustrateur freelance. À cette époque il est représenté par Talkie Walkie et fonde la branche canadienne de French Fourch. Soucieux d’élargir son champ de compétences, il reprend les études entre 2013 et 2016, et suit durant cette période, une formation en design graphique à l’UQAM. Depuis, il a lancé Bizarre Bizarre, studio avec lequel il propose son savoir-faire en direction artistique. Sa patte s’affirme sur des projets culturels et commerciaux et se distingue par une constante recherche de nouveaux signes. Ses créations valorisent une harmonie visuelle à partir de formes abstraites, textures et typographies affirmées.

Pour suivre Bizarre Bizarre :
Site internet : http://www.bizarrebizarre.ca
Instagram : Maxime Francout
Connect : Bizarre Bizarre

À quel moment as-tu lancé ton studio ? Pourquoi avoir fait le choix de monter ta propre entité ?

J’ai lancé mon studio en 2015 alors que j’étais étudiant en design à l’Université du Québec à Montréal. Il faut dire que j’avais déjà un peu d’expérience, car cela faisait déjà une dizaine d’années que je travaillais comme illustrateur pour des clients internationaux. Très vite, une signature assez personnelle a émané de mon travail et j’ai eu la chance d’être remarqué par l’AGAI qui m’a offert une belle introduction auprès de l’industrie.

Pourquoi ce nom Bizarre Bizarre ? Comment le relies-tu à ton travail ?

J’ai choisi Bizarre Bizarre, car on qualifie souvent de « bizarre » ce que l’on a du mal à comprendre au premier abord. Bizarre Bizarre est un studio qui mélange les pratiques et tente d’en perméabiliser les frontières. Il est important pour nous de comprendre les besoins et les attentes du client. Il est également de notre rôle de designer, de proposer une direction qui saura les surprendre et rendre le projet unique. Le mot « bizarre » est répété pour souligner la part importante que nous accordons à l’expérimentation et au jeu dans notre processus de création.



Direction artistique pour la nouvelle collaboration entre le rappeur Mick Jenkins et la marque montréalaise Frank And Oak.

Tu es resté à Montréal après tes études à l’UQAM, peux tu nous parler de la scène graphique montréalaise ?

La scène graphique est très impressionnante à Montréal comparativement à la taille de la ville. L’UQAM offre une formation dont la réputation dépasse les simples frontières du Canada. Je constate que le niveau des diplômés augmente de manière significative chaque année. Les studios montréalais ont développé une expertise en typographie et dans les nouvelles technologies que l’on peut très certainement faire corréler avec la formation multidisciplinaire et très pointue que propose l’UQAM.

Selon toi qu’est-ce qui distingue la scène graphique française et canadienne ?

Il m’est difficile de parler de la scène graphique française que je ne perçois qu’à travers le spectre de l’internet. Internet a uniformisé la culture graphique et il est moins évident de faire émerger un style graphique propre à un pays. J’ai l’impression que la scène graphique française est toutefois capable d’un peu plus d’audace et accorde une part importante au concept. C’est peut-être culturellement, ce qui positionne Bizarre Bizarre comme un studio encore un peu à part dans la scène graphique canadienne actuelle.


Cooloriage est un espace de création dans lequel l’équilibre est fragile, où l’erreur et l’aléatoire sont fortement encouragés. Formes et couleurs se complètent, s’opposent pour composer une symphonie iconographique au rythme tantôt harmonique, tantôt chaotique.


Microfiches, est un projet de fiches éducatives et ludiques rédigées par des spécialistes renommés et illustrées par des artistes.

Quels sont tes supports de prédilection ?

J’ai une affection toute particulière pour l’affiche, mais je cherche désormais à inscrire mes créations dans le mouvement et dans l’espace.

Quel est ton projet le plus important à ce jour ?

Nous avons signé la direction artistique pour la collaboration entre le rappeur de Chicago Mick Jenkins et la marque montréalaise Frank And Oak.

Vers quels types de clients t’orientes-tu ?

Je pense que le domaine culturel est particulièrement adapté à nos productions, j’aime toutefois l’idée d’associations moins évidentes afin d’exposer nos créations au plus grand nombre. Il est important de prendre des risques afin de ne pas tomber dans une manière trop mécanique de créer, d’aller sur des terrains sur lesquels nous ne sommes pas forcement attendu.


Affiche pour l’Opéra de Montréal réalisé dans un cadre scolaire.


Série de couvertures de livres autour du travail de Jonathan Littell.

Y a-t-il des choses que tu aimerais explorer en particulier ?

J’ai eu la chance de travailler au printemps dernier sur la mise en scène du dernier spectacle de Pierre Lapointe à travers un workshop avec la designer industrielle française Matalie Crasset. La mise en scène et la création d’univers sont quelque chose que j’aimerais explorer de nouveau à l’avenir.

Avec qui aimerais-tu travailler ?

Avec n’importe quel client qui accepte de prendre des risques et de nous faire confiance pour réellement innover et créer.



En matière de Rap, on nous sert souvent les mêmes clichés. Cette collection conçue par Bizarre Bizarre nous invite à réécouter les classiques, mais opte pour des pochettes à l’opposé de ce à quoi nous pourrions nous attendre. Le positionnement est singulier, mais en fin de compte, ce n’est pas plus mal.

Comment vois-tu évoluer ton studio à moyen terme ?

Nous travaillons actuellement sur la refonte de notre site internet. J’aimerais dans les années à venir, amener le studio à grossir à échelle humaine entouré des personnes qui me sont fidèles depuis le début de cette aventure.

Par Charles Loyer

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