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À ceux qui veulent bien, quelques instants, retirer le voile d’indifférence qui les préserve d’un accablement général (ou peut-être de rejoindre l’action), un constat s’impose: notre planète va… très mal… Scandale sur scandale, on assiste, souvent impuissants, aux révélations catastrophiques qui se succèdent chaque année: extinction massive de la biodiversité, mers de plastique, pics de pollution alarmants… la liste est longue. Si elles se vantent de leurs avancées en la matière, les politiques proposent encore des solutions bien trop timides pour faire face à notre double société de croissance (croissance économique, avec l’augmentation de la production pour modèle, mais aussi croissance démographique). Depuis les années 1970, plusieurs théoriciens du design ont appelé la discipline à se réinventer en intégrant la responsabilité écologique. C’est le cas de Victor Papanek, qui désapprouvait le design industriel, arguant que «lorsque la conception est simplement technique, elle détruit le contact avec ce qui est nécessaire aux personnes».
Plus récemment, Ezio Manzini, designer et professeur à l’École polytechnique de Milan, préconisait aussi une révolution de la pratique: «Passer d’une culture du “faire en l’absence de limite” à une culture du faire dans un monde limité appelle un changement profond qui implique l’ensemble des acteurs du système de conception, production et consommation*.»

Avec l’apparition de nouveaux lieux de pratiques (fablabs), ou de collectifs prônant davantage d’éthique, le monde du design objet a déjà entamé sa mutation. Le design graphique, quant à lui, balbutie encore à trouver sa voie. Depuis les matériaux utilisés, les questions de recyclage, de ressources locales, de rationalisation de la production, de l’écologie appliquée au numérique, la pratique est soumise à l’auto-questionnement de sa (ses) nécessité(s). Pourtant, des expérimentations récentes, et de nouveaux enseignements, émergent. Nous avons rassemblé dans ces pages quelques-unes de ces démarches qui, sans doute, en encourageront d’autres… Car, le designer, au coeur des processus de production, endosse la lourde responsabilité de son impact écologique.

PAR CAROLINE BOUIGE

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Du 2 au 11 décembre 2022 → Laterna Magica – Marseille

Le mythique festival Laterna Magica s’installe aux quatre coins de Marseille pour une 19e édition. Organisé par Fotokino, il fait dialoguer illustration, cinéma, graphisme, arts plastiques, design et édition. Cette année, la dessinatrice et peintre Alexandra Duprez expose son travail au Studio Fotokino, le graphiste Benoît Bodhuin propose un workshop,…

Les 24 novembre et 8 décembre 2022 → Cycle thématique : enjeux environnementaux des arts numériques – Stereolux (Nantes)

Proposé par le Stereolux, le cycle thématique “Enjeux environnementaux des arts numériques” vise à interroger l’impact écologique de l’art numérique. Le 24 novembre, une journée est consacrée à l’enjeu de l’éco-conception dans les arts numériques. Elle rassemble Benoît Ruiz, Juliette Bibasse, Barthélemy Antoine-Lœff, Cédric Carles, Fanny Legros, ainsi que Stéphanie…

Jusqu’au 30 décembre 2022 → De Garamont aux Garamond(s) : une aventure typographique – Bibliothèque Mazarine (Paris)

Plus de deux cents polices numériques se réclament aujourd’hui du Garamond, qui est loin d’être une police unique, contrairement à ce que l’on pense souvent. Les Garamonds doivent leur origine à Claude Garamont, tailleur et fondeur de caractères du XVIe siècle. L’exposition “De Garamont aux Garamond(s) : une aventure typographique”…

Jusqu’au 19 février 2023 → Haettenschweiler de A à Z ‣ créateur de caractères, graphiste et artiste – Museum für Gestaltung Zürich (Zürich)

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