Greatest Hits : Virassamy expose le meilleur de ses 10 dernières années

Installé à Berlin depuis une dizaine d’années, Virassamy pose ses valises à Paris le temps d’une rétrospective à la galerie Arts Factory. Dans ses cartons, des dessins personnels, des œuvres récentes, une installation inédite et son travail avec le label de musique Rue de Plaisance.

Illustrateur, graphiste, artiste ou encore typographe, aucun de ces qualificatifs ne permettent de ranger ce touche-à-tout dans une case. Virassamy crée librement, et s’il y a des constantes qui caractérisent son travail, c’est une volonté de toujours expérimenter de nouvelles formes artistiques et de les rendre accessibles au public. Virassamy entretient également un lien étroit avec la scène musicale et ce rapport se ressent fortement dans l’expression de son trait. Nous lui avons posé quelques questions…


Virassamy’s Greatest Hits à la Galerie Arts Factory, 
Vernissage le 27 juin dès 18h00
27 rue de Charonne, 75011 Paris
Lien de l’évènement : Greatest Hits


Cela fait maintenant 10 ans que tu es à Berlin, pourquoi avoir fait le choix de cette ville à l’époque et quel regard portes-tu sur elle aujourd’hui ? 
Il y a 10 ans, Berlin était totalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui. C’était un laboratoire de la subculture, une ville énergique et rebelle où tout était possible, toutes les idées pouvaient prendre vie avec peu de moyens. Je suis arrivé là-bas avec mon ami designer Brice Delarue et nous nous sommes dit « c’est ici qu’on veut être ». Nous avons fondé un studio/galerie Zirkumflex, pour de jeunes designers comme nous c’était un rêve uniquement possible à Berlin.
Aujourd’hui c’est plus dur, la subculture est devenue la culture, la ville est devenue à la mode et les promoteurs se sont emparés de la ville. Mais ça reste un grand carrefour culturel, la dernière frontière entre l’Europe de l’ouest et de l’est. 

Quel est l’atout majeur pour un illustrateur de travailler à Berlin ? 
Je ne pense pas qu’il y ait un atout spécifique à la profession d’illustrateur, je travaille souvent à distance et je pourrais habiter n’importe où. C’est une ville qui interpelle car elle est jeune, avec une histoire énorme et en changement perpétuel. C’est aussi un vrai vivier artistique, où tout le monde est artiste à sa manière. Tu as à ta disposition une multitude d’endroits, de talents et d’idées, cela permet des échanges réguliers avec des artistes de toutes disciplines et de tous horizons. Et bien sûr, c’est un lieu qui a été façonné par la musique tant rock, punk, qu’électronique. Elle est
présente partout et touche tous les arts. C’est une ville d’influences.


Kalinowska Artwork
Signes du zodiaque RUE DE PLAISANCE

Et la contrainte ?
Géographiquement c’est bien excentré dans l’Europe et loin de ma famille. C’est une ville lente, qui prend son temps comparée à Paris (c’est aussi son avantage). Et surtout l’hiver est rude et l’administration allemande intraitable.

As-tu toujours eu un lien particulier avec les « musiques électroniques », comment a débuté ta collaboration avec Rue de Plaisance ? 
Le fait que j’illustre des pochettes pour de la musique électronique s’est imposé de lui-même, par des rencontres, des affinités. J’ai rencontré Varoslav le fondateur du label Rue de Plaisance en 2004, nous sommes devenus amis et en 2009 il m’a proposé de travailler avec lui sur les pochettes du label Supplement Facts. Nous nous entendions bien, nous aimions collaborer ensemble et c’est tout naturellement qu’en 2010, il m’a invité dans l’aventure Rue de Plaisance.



Généralement quel est ton processus de création autour d’un projet musical ? 
Je réalise mes illustrations non pas à partir de la musique mais du titre du projet. Je le laisse trotter dans ma tête et quand l’idée m’apparait, je m’exécute : deux, trois esquisses pour la composition et les placements et c’est parti ! J’aime cette liberté de création que m’offre Rue de Plaisance, c’est précieux.

Est-ce difficile de maintenir sur la continuité ce type de relations avec un label ? Comment entretenir l’énergie créative, les nouvelles idées ?
Oui, surtout pour Rue de Plaisance quand cela dure depuis de longues années, on peut vite avoir tendance à rester dans sa zone de confort et répéter les mêmes choses. Heureusement nous sommes trois et l’énergie vient de la discussion, des remises en causes et de la considération des idées et envies de chacun.  

Tu présentes ta première rétrospective à la Galerie Arts Factory, as-tu l’habitude d’exposer ton travail et comment nous présenterais-tu cette expo ?
Oui, je m’attache à toujours produire régulièrement un événement autour d’un de mes projets. Mais je n’ai jamais exposé l’ensemble de mes travaux, ça sera le cas pour cette exposition à Arts Factory. C’est un “Greatest Hits” comme son nom l’indique, une sélection de mes meilleurs travaux sur les dix dernières années avec beaucoup de dessins personnels ou pour des commanditaires. De l’encre bien noire comme à mon habitude, mais aussi de la couleur et une installation qui pour moi marque le début d’un nouveau cycle créatif, d’où mon désir de dresser un état des lieux.



Est-ce particulier que de revenir sur des travaux effectués il y a plusieurs années ? 
Oui, c’est très nostalgique. Je voyage dans des époques de ma vie passée, car tous ces dessins sont étroitement liés à mon petit mythe personnel. C’est un peu comme s’attarder sur des veilles photos oubliées dans un placard. 

Qu’est ce que l’on peut te souhaiter pour les années à venir ?  
Un futur pour ma fille.


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