Hey Studio revisite les fondamentaux de l’image numérique pour Scopitone 2016

Du 21 au 25 septembre 2016, l’établissement culturel nantais Stereolux présentera la 15e édition du festival Scopitone. Comme chaque année, ce rendez-vous incontournable de la création multimédia nous offre une programmation interdisciplinaire, entre musique, design, vidéo, robotique et architecture, dans une dizaine de lieux emblématiques de la ville de Nantes.

Dans la rue, sur les quais de gare, le long des couloirs de métro ou placardée sauvagement sur les surfaces d’immeuble, l’affiche règne sur l’espace public. Support de prédilection des graphistes et médium préféré des institutions culturelles, l’affiche est devenue un événement à part entière, à la fois terrain d’expérimentation graphique et baromètre de tendances visuelles.

Depuis ses débuts, le festival Scopitone suscite l’engouement en confiant son identité à des mains expertes. Dans le cadre de notre partenariat avec l’événement nantais, nous vous proposons de découvrir notre nouvelle rubrique « Affiche en scène », en décryptant le visuel de cette édition 2016.

Chaque année, Scopitone élabore une programmation où les sons électroniques se mêlent aux arts visuels numériques. Expositions, installations, workshops, conférences, projections et activités pour les enfants, le festival s’adresse à un large public et accorde une place privilégiée aux arts numériques. C’est avant tout cet éclectisme que Scopitone souhaite voir transparaître dans sa communication.

Pour concevoir son identité visuelle, Scopitone donne pour chaque édition carte blanche à un studio de création graphique. Après avoir collaboré avec le studio lyonnais Superscript² en 2014, et le collectif londonien La Boca en 2015, le festival a choisi cette année le studio barcelonais Hey Studio dont nous vous parlions déjà ici et . Il en résulte une identité rétro hyper-saturée, qui nous renvoie à l’origine de l’ère numérique.

Hey Studio opte donc pour un retour aux sources, en puisant dans l’ADN du festival et l’histoire du « Scopitone », sorte de jukebox inventé dans les années 1960. Cet ancêtre du téléviseur et de l’image digitale colorisée, associait pour la première fois le son et la vidéo.

Le résultat entremêle références anachroniques et pratiques 2.0 dans un triptyque à huit couleurs. La gamme s’inspire des barres latérales MIRES, ces valeurs standardisées qui s’affichaient sur nos écrans télévisés en l’absence de signal, aujourd’hui devenues le symbole par excellence de l’audiovisuel du 20e siècle.


Ici, le studio casse la rigidité conventionnelle des MIRES. À l’image du glitch art ou du data-bending, mouvements artistiques du début des années 2000, le studio explose l’ordre conventionné et nous révèle une nouvelle image disruptée. L’équilibre parfait des couleurs est rompu au profit des Pantone les plus vifs du spectre. La superposition de pièces géométriques qui s’imbriquent entre elles évoque un procédé génératif. Aléatoire ou automatisée par des algorithmes, cette pratique est à l’origine du Net-art et des travaux de Rafaël Rozendaal.

Mais ne nous y méprenons pas, il s’agit ici d’un hasard contrôlé car chaque visuel a été soigneusement conçu par le studio, suivant des règles de proportions très strictes. Une explosion maîtrisée donc, qui permet aux visuels de communiquer entre eux et de créer cette impression de mouvement perpétuel.

Par Astrid Fedel.

Pour en savoir plus sur la programmation de cette 15e édition du festival Scopitone.

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