Hovertone réinvente l’interactivité immersive numérique

Structure spécialisée dans la conception d’expériences immersives, Hovertone imagine l’installation “Traces”. Présentée au KIKK Festival en 2021, cette création interroge nos manières d’interagir avec l’autre grâce au numérique. Hovertone a développé pour “Traces” une technique de traitement d’images provenant de caméras 3D et fondée sur des algorithmes. Créé par Joëlle Tilmanne, ingénieur, designer et chercheuse en technologies interactives, et Nicolas d’Alessandro, ingénieur et artiste numérique, Hovertone génère ainsi des ponts entre l’art et la science.


Traces, l’interactivité réinventée


Suite à la crise sanitaire, la société belge Hovertone, spécialisée en design d’expérience, invente de nouvelles manières d’interagir avec le numérique. Fondée par Joëlle Tilmanne, ingénieur, designer et chercheuse en technologies interactives, et Nicolas d’Alessandro, ingénieur et artiste numérique, elle produit des installations immersives, dont font parfois usage des musées dans une démarche de médiation.

L’installation “Traces”, présentée au KIKK Festival en 2021, est ainsi un dispositif permettant au public de laisser une trace visuelle de leur passage. Celle-ci est une silhouette lumineuse reproduisant les mouvements de visiteurs sur un écran dédié. “Au sein de l’installation, la présence et le mouvement des visiteurs sont détectés en temps réel grâce à des caméras 3D. Leurs mouvements sont analysés par un algorithme, intégrant une technologie d’intelligence artificielle et enregistrant certaines séquences” précise Joëlle Tilmanne, co-fondatrice de Hovertone.

Devant l’écran, les visiteurs font ainsi face à leur double numérique, composé de petits points lumineux bleus et copiant leurs déplacements. Ils peuvent interagir avec des silhouettes lumineuses de visiteurs précédents aux mouvements mémorisés par le dispositif. Celles-ci sont faites de particules oranges. Les particules bleu et orange des silhouettes de présences actuelles et passées – presque fantômes – oscillent entre rencontre et séparation. Leur différence de couleur permet d’identifier les deux temporalités.


Une immersion par le mouvement


Lors de la présentation de l’installation “Traces” au KIKK Festival, les visiteurs tentent de comprendre comment leurs mouvements sont analysés. Ils se déplacent dans l’espace, expérimentent différentes figures avec leur corps et notamment leurs bras. Depuis, “Traces” a aussi été présenté à la Nuit des Arts Numériques et au Bright Brussels, festival des lumières de Bruxelles. “À l’inverse des avatars personnalisés aux caractéristiques physiques et aux mouvements mécaniques, l’installation “Traces” reproduit non des traits corporels, mais des mouvements dont la fluidité nous paraît pourtant si humaine…” affirme Joëlle Tilmanne.


Une poétique visuelle de la trace, entre présence et souvenir


Afin de créer l’installation “Traces”, Hovertone a bénéficié d’un partenariat avec le Pavillon et le festival KIKK, ainsi que du soutien financier du programme “Rayonnement Wallonie”, une initiative du gouvernement wallon. “Traces” invite à être ensemble, sans être ensemble physiquement. “C’est une manière de se confronter à la présence des autres par le numérique” précise Joëlle Tilmanne. En fonction de la lenteur ou de la rapidité du mouvement reproduit, de l’aspect de la silhouette visible à l’écran, l’on peut deviner si les précédents visiteurs étaient énergiques ou calmes, seuls ou en groupe… Pour Joëlle Tilmanne, le dispositif est comme “une porte vers une réalité alternative et poétique : l’aspect physique disparaît, mais l’essence du mouvement et son expressivité restent”. Les particules mouvantes composant les silhouettes donnent un aspect immatériel et font de la présence humaine une expérience presque magique. Une composition sonore interactive complète l’installation et réagit aussi aux mouvements des visiteurs, pour plus d’immersion.

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