Identités remarquables : Adulte adulte

Adulte adulte est un jeune studio français créé en 2011 par Florent Faurie et Daniel Ribeiro. Nous les avons rencontrés à Paris.
Par Clara Debailly

Comment est né Adulte adulte ?
F.F : Nous nous sommes rencontrés durant nos études à l’ECV Paris. Je devais travailler comme directeur artistique pour un magazine et j’avais besoin de quelqu’un pour m’assister. J’ai donc fait appel à Daniel. Il s’avère que l’expérience ne s’est pas très bien terminée, mais que nous avons décidé de travailler ensemble à partir de ce moment-là. En sortant de l’école, nous avons donc décidé de monter notre propre studio, adulte adulte.
D.R : Nous nous sommes appelés comme cela parce que nous débutions, et nous avions envie d’un nom qui sonne un peu décalé. Au début nos projets partaient un peu dans tous les sens, mais maintenant nous commençons à nous assagir un peu…

Pouvez-vous nous parler de votre façon de procéder ? Quelle est la philosophie du studio ?
F.F : Nous faisons tout à deux. La plupart du temps, le premier inspiré lance une idée et l’autre rebondit. Parfois, quand nous avons des idées trop différentes, nous faisons une proposition chacun et c’est le client qui décide. Mais nous les présentons comme des propositions communes.
D.R : Généralement, Florent s’occupe de la partie direction artistique, moi je suis plus dans la technique, le soin du détail. Nous essayons de choisir des projets qui nous amusent, pas trop corporate. Pour l’instant, nous avons réalisé essentiellement des sites web parce que le nôtre a plu aux gens, mais nous préférons travailler sur des supports comme le magazine ou le livre, surtout dans le domaine de l’art ou de la mode.

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Parlez-nous de votre fanzine DYStopie…
F.F : Étudiant, j’aimais beaucoup faire des fanzines. Quand nous avons commencé à travailler ensemble, nous avons eu besoin de garder quelque chose qui nous appartiendrait complètement et qui nous permettrait de faire de l’expérimental. Nous n’avions pas vraiment ce genre d’opportunité dans les premières commandes, alors nous avons décidé de créer DYStopie. Chaque numéro contient trois cahiers, et chaque cahier donne carte blanche à un artiste.
D.R : Cela nous permet de rencontrer des gens, d’organiser des événements autour de la sortie des numéros. La formule actuelle ne nécessite ni délais, ni budget, mais nous envisageons de faire évoluer le projet sur de nouveaux supports, et de trouver des galeries ou des sponsors pour pouvoir augmenter le nombre de tirages.

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Vous avez souvent travaillé sur des sites web, notamment avec le styliste Glenn Martens, racontez-moi votre collaboration…
F.F : Glenn est venu nous voir avec une idée très précise de ce qu’il voulait. Il avait envie d’une sorte de moodboard qui rassemble des images dont il s’était inspiré pour sa collection, avec une navigation sur une seule grande page web. C’est la troisième fois que nous travaillons sur ce site, à chaque changement de collection. Au début, nous nous occupions surtout de la mise en page, Glenn avait déjà un logo, et des images sélectionnées. Aujourd’hui nous prenons plus de libertés et proposons de plus en plus d’images à Glenn, qui nous fait confiance. Nous allons d’ailleurs recommencer à travailler ensemble sur un autre projet où il est directeur artistique, Y Project.

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Pour votre dernier projet, Zicatela Ding, vous êtes revenu au support imprimé avec le catalogue monographique de Yann Gerstberger. Comment est-ce que vous avez conçu ce projet ?
F.F : Je connais Yann depuis longtemps, parce que nous avons tous les deux grandit à Marseille. Quand il a gagné le prix de la foire Art-o-rama, il a fait appel à nous pour concevoir Zicatela Ding. L’idée était de créer un livre un peu expérimental, Yann trouvait que ça n’avait pas de sens de concevoir une monographie alors qu’il est encore jeune. Il a voulu travailler avec Julien Goniche, et ils ont conçu un projet photographique ensemble, qui amène au fur et à mesure du livre au travail de Yann. Notre partie consistait à créer de la cohérence dans cet ensemble décomposé. Nous avons travaillé sur des textures vectorisées, pour rappeler les univers auxquels ils se réfèrent : Quick Silver, Kelly Slater… Mais il a fallu faire quatre versions du livre avant que tout le monde soit d’accord ! Mais nous ne regrettons pas, c’est un beau projet, et nous avons envie d’évoluer vers ce genre d’aventures.

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Pour finir, comment voyez-vous l’avenir du studio ?
D.R : Nous aimerions bien continuer à travailler dans le milieu de l’art et de la mode. Avec ce qui s’annonce pour cette fin d’année, nous allons enfin pouvoir passer à la vitesse supérieure et concevoir des projets qui auront plus d’ampleur. Nous allons même commencer à vivre de ce que nous faisons ! Il ne nous reste plus qu’à trouver un vrai studio (pour l’instant on travaille chez Florent), et nous serons vraiment adultes…

http://www.adulte-adulte.fr/

Vernissage de DYStopie numéro 3 le 30 octobre, évènement Facebook ici : http://on.fb.me/1a4VnvQ

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