La communication visuelle dans le sport surfe sur la tendance minimaliste

On le répète souvent, le graphisme est présent partout dans notre quotidien et ses tendances se déclinent dans tous les domaines. Le sport n’y échappe pas. Ce monde particulier évolue très vite et les messages visuels qui l’entourent aussi.

L’identité visuelle, l’information ou l’équipement dans l’univers du sport n’échappe pas au grand retour du minimalisme et de l’abstraction, que l’on observe dans la communication visuelle contemporaine. En regardant de plus près, le sport et ses différentes disciplines, peuvent constituer un intéressant carnet d’inspiration pour les graphistes.

Les exemples sont nombreux dans différents champs de la création et les organismes sportifs affirment avec ces usages leur identité. La réflexion graphique autour de cette culture est variée mais repose sur des tendances qui impactent tous les milieux. Par exemple, en plein cœur de Paris, à Pigalle, un terrain de basket a été entièrement designé selon des contraintes architecturales. Cette initiative a pour but de magnifier un terrain qui était voué à fermer. La direction artistique a été donnée aux créateurs d’Ill-Studio et la réalisation joue avec les surfaces pour délimiter des formes géométriques aux couleurs primaires.

Les affiches d’évènements sportifs s’accaparent également l’abstraction de la représentation et utilisent de plus en plus des formes simples. L’équipement ou les délimitations du terrain permettent aux graphistes de s’approprier le sport en le combinant avec leur univers. Une dynamique avec laquelle a joué Gabriel Nazoa dans une série expérimentale. Il s’applique à illustrer des sports comme le tennis, le basket ou encore le golf avec une véritable recherche visuelle dans l’image et la typographie. Les formes sont mises en avant tant elles sont spécifiques à un sport. Ce qui rend l’affiche compréhensible en un coup d’œil.

Bien sûr, cette abstraction se révèle sous d’autres formes. Les inspirations rétros des années 30 ou 40 réapparaissent dans l’illustration et s’associent au minimalisme pour mettre en œuvre l’information dans certains sports comme le cyclisme. Le vélo revient au goût du jour comme nous le montre l’affiche du Tour de France 2014 ou la réalisation du directeur de création Caleb Kozlowski en exemple ci-dessous.

La représentation des formes inspire aussi les passionnés. Matthieu Teyssandier est un fan incontesté des maillots de foot des années 80-90. Il a pour idée de retracer leur évolution au fil des années en créant des patterns.

Paris Saint-Germain – 2013

Olympique de Marseille – 2009

C’est également le cas du Ballon bar, une galerie éphémère où sont exposées des œuvres réalisées par des artistes internationaux (Steve Harrington, Amit, Nicolas Ouchenir…). L’équipe du Ballon et Avery Dennison ont imaginé les 24 blasons des pays représentés à l’Euro 2016 en s’inspirant de mouvements artistiques tels que le Futurisme italien, le Bauhaus allemand ou les Young British Artists.

Outre les formes graphiques, c’est la typographie qui fait l’objet de l’attention des designers. La signification du numéro dans le dos du joueur joue un rôle important dans son identité. Il représente son poste comme au rugby ou sa qualité de jeu comme le n°10 au foot. Autant dire que les événements sportifs sont visionnés par des millions de spectateurs et les équipes, graphistes et typographes en ont conscience pour s’associer et proposer des solutions adaptées. L’équipe nationale écossaise de foot a usé de la courbe de Bézier et du mouvement dynamique de ses lettres pour se promouvoir à travers sa police de caractères.


Plus de typographies dans le foot ici

Le graphisme dans le sport fait aussi l’objet de projets éditoriaux très convaincants. Season est une revue qui s’adresse aux femmes qui aiment le sport et le travail créatif. Elle est entièrement conçue et illustrée par les photographes Emily Rachel Rose, Claire Pepper, Patricia Karallis et Alina Negoita et les scénographes Isabel + Helen



Cette tendance se retrouve sur de nombreux supports comme le fait l’équipementier Nike pour sa section athlétisme. Avec un système graphique très étendu qui comprend la typographie (inspirée du logo mexicain des JO de 1968), des patterns et des formes graphiques distinctes, une couleur rouge qui attire le regard, cette mise à jour arrive à se décliner en publicité, sur le site web et pour les événements. Symbole de puissance, la dynamique des formes rappelle le mouvement du sport et l’esprit d’accomplissement. Une idée originale signée Rebecca Parker, designer chez Nike.



Mais ce n’est pas tout, les stades ou les parcs olympiques, comme celui de Montréal construit en 1976 à l’occasion des JO, redonnent un second souffle à leur identité visuelle en jouant sur les cercles et les traits simples. L’intégralité de son image est modifiée, du logo jusqu’à ses produits. Une idée originale qui nous vient de lg2 boutique.



L’univers du sport est atypique dans ce qui le constitue : dépassement de soi, compétition et esprit d’équipe. Chaque sport a une mentalité particulière, une façon de penser qui lui est propre. Chaque territoire, que l’on peut réellement définir de marque, est exploré. L’exemple avec les clubs anglais et la Premier League qui ont récemment remis au goût du jour leur image en la rendant plus minimaliste et ne gardant que l’essentiel. Pour le club d’Aston Villa, le lion s’affûte, synonyme de puissance. Pour la Premier League, la typo perd ses empattements et la couleur se vivifie.




Avant à gauche, après à droite

Le dernier exemple est le logo officiel de Tokyo pour les JO de 2020. Un style très épuré, de l’indigo sur du blanc, qui lui procure l’élégance et la sophistication qui caractérisent le Japon. 45 motifs à carreaux forment un motif nommé « ichimatsu moyou ». Le graphiste Asao Tokolo est à l’œuvre pour ce logo.

Par Erwan Le Roch

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