Laura Callaghan peint le quotidien des jeunes femmes

Pictoplasma, le seul et unique festival dédié à la création de personnages célébrait cette année sa 15ème édition. Chaque printemps, des centaines de créatifs se rendent à Berlin qui pendant 4 jours, devient l’épicentre de l’animation, du jeu vidéo et de l’illustration . étapes: s’est rendu à Pictoplasma afin de rencontrer ceux qui ont fait de la création de personnage leur obsession.


LAURA CALLAGHAN

Illustratrice Irlandaise aux 300k sur Instagram, Laura Callaghan est assurément celle qu’il ne fallait pas rater à Pictoplasma. Ses dessins ne laissent pas indifférents tant la puissance avec laquelle elle peint la femme et les moindres détails de son quotidien est immédiate. Seule créatrice qui ne s’est pas essayée à l’animation avec laquelle nous nous sommes entretenus, elle se consacre quasi-exclusivement à la peinture. Avant son talk de l’après-midi, nous avons rejoint Laura dans une galerie berlinoise du nord-ouest, où elle exposait les oeuvres de sa série Panophobia, entre angoisses et désirs contemporains.

Bonjour Laura, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis une illustratrice irlandaise qui vit et travaille à Londres depuis maintenant 10 ans. Je peins beaucoup, principalement avec de l’aquarelle et de la gouache, la plupart du temps pour mes productions personnelles qui sont très colorées, très détaillées… Des patchworks qui reflètent la société moderne, ou du moins le monde dans lequel nous vivons j’imagine, avec des femmes en tant que personnages principaux.

Vous avez étudié l’illustration ?

Oui, je l’ai un peu étudié en Irlande, dans un cursus de design graphique et communication visuelle qui ne me convenait pas vraiment. Je passais mon temps à dessiner et ne suivait aucun cours, sauf l’illustration ! J’ai tout de même réussi à être diplômée en 2009, en pleine récession en Irlande, ce qui m’a poussé à aller vivre à Londres où j’ai fait un master spécialisé en illustration.

Vos personnages sont exclusivement des femmes et vous les dessinez dans des postures plutôt inhabituelles et puissantes. Est-ce important pour vous de montrer cela ?

Je pense oui ! Ça n’a jamais vraiment été une décision consciente de montrer ces postures, tout comme montrer exclusivement des femmes, comme si j’avais un jour décidé que je n’allais faire que ça. Je faisais simplement ces dessins de façon naturelle, ces images très narratives où il me paraissait évident que la femme ait la place principale. Je commence doucement à introduire des hommes dans mes dessins, mais ce n’est pas gagné !

Vous avez un style très affirmé. Quand on vient vous chercher pour un travail éditorial ou publicitaire, est-ce qu’on vous laisse le champ libre ?

J’imagine que lorsqu’on vient me chercher pour ce genre de travail, c’est que ces personnes l’ont aimé. En même temps, un travail de commande nécessite forcément d’adapter son style personnel avec ce qu’on vous demande de réaliser et ce que la marque ou le client veut voir ou veut dire. On fait donc tout le temps des compromis. En général, les clients disent que c’est exactement le travail qu’ils recherchent, mais en réalité pas tant que ça.

Vous pensez que cela peut être lié au fait que le monde de la publicité est quelque peu réticent à montrer des femmes de cette façon ?

Je pense, particulièrement maintenant, que les marques apprécient le cachet que procure le fait de travailler avec des femmes artistes, qui en plus de ça, dessinent beaucoup de personnages féminins. J’ai l’impression que parfois, ça manque de spontanéité, mais je ne voudrais pas faire de généralités là-dessus. J’ai suffisamment de chance pour travailler avec des clients qui apprécient ce que je fais et me pousse à le réaliser. Et je pense que cela vient du fait que, maintenant que je suis un peu plus connue, les gens viennent me voir en sachant à quoi s’attendre.

Pensez-vous que cela soit dû à une volonté de changement dans le monde de la communication ?

Je le pense oui. Le féminisme devient de plus en plus courant, les gens en parlent davantage, spécialement de nos jours avec les réseaux sociaux et notamment Twitter. J’ai l’impression que c’est assez admis maintenant. Mais de la même façon, il y a une forme de généralisation qui fait que les marques et les publicitaires veulent absolument apparaître comme féministes, alors que leurs pratiques sont parfois contradictoires.

Y-a-t-il quelque chose de spécial que vous allez aborder lors de votre talk ?

Je vais parler de la façon dont mon travail est devenu ce qu’il est aujourd’hui et que je suis très chanceuse car je n’ai trouvé que très récemment mon style et le contenu sur lequel je voulais travailler. Aussi, je compte montrer de très mauvais dessins que j’ai pu faire et qui mettent en avant ma progression. Parler de la peur comme inspiration est également prévu, car c’est de ça dont mon exposition à Pictoplasma parle (Panophobia, NDLR). Je vais essayer d’argumenter sur cette peur comme inspiration en montrant 2 pièces que j’ai réalisé à cette occasion. Je parlerais aussi de mon processus de création. Mes recherches étant très importantes, je vais montrer mes travaux depuis les croquis à la réalisation finale, en incluant tous les détails d’arrière-plan, car dans mes dessins tout signifie quelque chose. Ils sont complètement basés sur la réalité qui m’entoure et je pense qu’y inclure des objets du quotidien rend l’œuvre plus familière et abordable.

Découvrez les travaux de Laura Callaghan sur son site internet et sur Instagram

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