Le Graphic Design Festival Breda en 4 étapes

Une fois tous les deux ans, un stop à Breda s’impose pour les amateurs de graphisme. La petite ville des Pays-Bas accueille le Graphic Design Festival, manifestation qui s’est construite une solide réputation au cours de la dernière décennie. Cette année, l’évènement s’est déroulé du 25 septembre au 25 octobre, et nous avons trouvé un créneau de 24 heures pour arpenter le festival et découvrir sa programmation.

Après 3h30 de train en provenance de Paris, surprise à l’arrivée, la gare a totalement changé, le paysage est méconnaissable. À la place des travaux, un énorme bâtiment s’est érigé. Il va falloir apprivoiser ce nouveau Breda.
Sans plus attendre, direction le QG du festival. En traversant le centre-ville on remarque que lui, en revanche, n’a pas bougé d’un centimètre. Le parc et la fontaine sont toujours là, seul le mauvais temps s’est invité à la partie.


Arrivé au point d’informations, quelques mots échangés avec Dennis Elbers de la team GDFB permettent de m’éclairer sur les moments forts de ce parcours, et c’est armé d’une petite carte que je me lance dans cette exploration du festival.


À seulement quelques mètres, c’est l’exposition « What Do You Do? » qui s’offre en premier. Installées en plein air, les 50 affiches répondent visuellement à cette question qui est régulièrement posée aux designers. La sélection résulte d’un appel à projet qui a recueilli plus de 1400 participations provenant des 4 coins du monde, avec environ 60 nationalités différentes. Le résultat est forcément hétérogène et on se plait à observer ces créations une à une, à en relever la variété des formes et des inspirations. À noter parmi les nombreux néerlandais, la présence du français Palace Palace.


Le chemin se poursuit ensuite dans un tunnel, ou plutôt une entrée de parking dans laquelle a été placée une installation réalisée par Trapped in Suburbia. Le studio hollandais a imaginé un dispositif baptisé « 50 posters in 3 seconds » qui explore les liens entre analogue et digital, image et son. À chaque passage de voiture, les affiches sonores réagissent. Une expérience unique qui fait appel à nos yeux mais aussi à nos oreilles.


Toujours à l’extérieur, « Blind Walls Gallery ». Au fur et à mesure des années, le festival fait intervenir des artistes sur les murs du centre afin d’y insuffler un vent de créativité. Toutes ces surfaces sont envisagées comme des cartes blanches et redonnent de la couleur à une vieille tradition de la ville. Cela peut paraître surprenant, mais le premier mur peint de Breda date de 1520. À l’époque, il fût imaginé comme un symbole de liberté et de prospérité. Chacune des interventions fait écho à cette pièce, aujourd’hui presque entièrement disparue. On apprécie la fresque géante de Job Wouters, réalisée avec 8 bombes de peintures reliées sur un même axe en fer. Pas facile à manipuler !



http://etapes.com/system/47950/large/1448990258.JPG

Enfin l’exposition qui a vraiment attiré notre attention : « The Declaration of Deconstructed Typography ». Montée par le studio Novo Typo, il s’agit d’un super projet qui consiste à déconstruire des typographies digitales, pour en faire des caractères en bois et ensuite les reproduire sur des affiches avec des techniques d’impression traditionnelles. Dans la salle d’exposition, on se prend une razzia de lettres. Sur les murs et disposées sur des palettes en bois, il y en a partout, comme si la police entière était sortie de l’écran pour révéler toute son étendue. La réflexion amenée par ce projet nous pousse à concevoir le processus de création différemment et en inversant la tendance, le studio montre que le résultat est d’autant plus surprenant. Une marche à suivre.

Le soir, la journée s’est terminée par une série de rencontres. Ce fut l’occasion de voir la mécanique qui se cache derrière le travail de la talentueuse Hansje van Halem ou d’observer l’évolution du parcours du studio allemand I Like Birds.

Le reste de la programmation est visible sur le site internet du festival et dans notre galerie d’images.

http://gdfb.nl

Photos : Charles Loyer

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