Le studio Bonsoir Paris est né la nuit

Curieux en toute circonstance, soucieux du détail, consciencieux dans son approche innovante, Bonsoir Paris se positionne comme un studio de création à l’intersection du design fonctionnel, de l’art, de l’architecture et de la science. Fort de sa pluridisciplinarité et de sa posture expérimentale, de nombreuses marques lui ont fait confiance et ont été surprises par ses compétences affûtées, avec par exemple MTV, AMI, COS, Nike, Lacoste, Hermès ou Gallerie Lafayette.

Rémy Clémente et Morgan Maccari, co-fondateurs du studio en 2010, attisent la curiosité à chaque nouveau projet. Issus originellement du street art, c’est au fil des pérégrinations artistiques et nocturnes que l’idée de fonder Bonsoir Paris leur est parvenue. Aujourd’hui, la petite structure au grand potentiel est composée d’un groupe de créatifs dynamiques infiniment inspirés, prêt à relever chaque défi d’entreprise.

Toujours enclin à l’innovation de pointe, Bonsoir Paris opère aussi bien dans le design d’espace, la scénographie, le design d’objet, l’audiovisuel que la photographie. étapes: a eu l’opportunité d’en savoir davantage sur un studio ingénieux et prometteur !


Salon Del Mobile (2013)
COS X Bonsoir Paris
Crédit Photo : Owen Richards

Qu’est-ce qui caractérise votre identité visuelle et votre philosophie ?

Nos projets sont très diversifiés et se déclinent en de multiples supports mais notre façon de les aborder reste la même. Chaque production découle d’une narration qui dirige chaque étape de celle-ci. Nous envisageons toujours chaque projet selon les attentes de nos collaborateurs mais aussi avec ce que nous pouvons y apporter. C’est ce qui construit notre unité et motive notre recherche. D’un point de vue graphique, notre identité est basée sur un jeu de correspondance entre les lettres, qui reflète aussi notre capacité à faire des ponts entre les différents médiums que nous utilisons : volumes, images ou technologies. Nous voulons une identité simple mais qui révèle notre souci du détail grâce à une police unique.

De quelles écoles sont issus vos membres ? Quelles sont leurs différentes compétences ?

L’équipe s’enrichit de profils tous différents. Aujourd’hui, nous avons un bon panel de membres essentiels à nos travaux :
– Morgan : Co-fondateur & Directeur Créatif – Design & Image à Duperré & Gobelins
– Rémy : Co-fondateur & Directeur Créatif – Design & Nouvelles Technologies à Duperré
– Ben : Directeur Général & Photographe – Arizona State University & Gobelins
– Fanny : Designer senior – Ecal
– Ophélie : Directrice artistique junior & graphiste – Penninghen
– Laure : Architecte/Design d’Environnement – ENSAL

Pourriez-vous nous parler de la direction artistique apportée à vos scénographies ? Comment s’est déroulé le processus créatif du « Pop-up Vol.2 » de la marque Études Studio ?

La conception d’un projet doit combiner une réponse fonctionnelle et une réponse visuelle. Nous n’abandonnons pas l’un au profit de l’autre, et cela à toutes les échelles, du détail à la structure globale. Nous aimons collaborer et lorsque c’est le cas, cela induit automatiquement notre adaptation à un univers donné pour ensuite le transporter artistiquement où nous l’imaginons évoluer. Notre processus commence toujours par la compréhension de l’histoire du commanditaire, la conceptualisation et la recherche de formes.

Notre première collaboration avec Études Studio avait lieu autour d’une collection spécifique avec un univers défini. Notre travail se devait d’en être le prolongement. Nous avons travaillé des matériaux et des assemblages qui faisaient écho aux vêtements. Plus tard, nous avons travaillé un set de mobilier fait pour accueillir les vêtements saison après saison. Un système modulable basé sur une vision plus intemporelle de la marque, et capable de retranscrire son ADN.

Vous avez également collaboré l’année dernière avec NikeLab et JFS, qu’est-ce qui vous plaît dans ce segment de marché expérimental ? Envisagez-vous d’autres collaborations avec des marques de vêtements innovantes ?

Ces marques recherchent l’innovation aussi bien dans leur image que dans les
manifestations en point de vente. Les attentes de ces marques nous poussent à expérimenter et explorer de nouvelles façons d’imaginer ce que nous faisons.
Avec NikeLab, nous avons pu exprimer nos idées sur l’ensemble des supports, images et installations dans l’espace. Nous ne pouvons que souhaiter ce type de collaboration, avec des marques de vêtements mais aussi tous types de marques et institutions, qui dans leur domaine souhaitent offrir des réponses différentes.

On ne se fixe pas d’objectif car nos collaborations sont souvent le fruit d’une surprise, d’inattendu et c’est ce qui nous plaît ! Nous avons différents pôles de recherche, comme le design d’objet ou d’espace, l’image, le film et les nouvelles technologies. Chacun de ces domaines se combine et s’applique à tout type de commanditaire. Il y a de nombreuses marques qu’on admire pour leur capacité à se renouveler et à bâtir des univers forts. Nous aimerions d’ailleurs beaucoup collaborer avec de nombreuses marques comme : Proenza Schouler, Prada, Apple, Louis Vuitton, Audi, Google, Acronym, Martin Margiela ou SSENSE. Pour ce qui est des institutions, on éprouve un fort intérêt pour : la Biennale d’Architecture de Venise, l’Opera Garnier, la Fondation Prada Milan, le CIRVA (Centre International du Verre et Arts Plastiques), le MIT Media Arts Lab…

Notre travail est de participer à ce renouvellement afin de créer la surprise. C’est pour nous une motivation qui a le plus de valeur, plutôt que d’aspirer à juste valider des objectifs de collaboration.

Quels sont vos supports et matériaux de prédilection ? Que recherchez-vous comme ambiances et esthétiques grâce à eux ?

Nous n’avons pas spécialement de matériaux de prédilection. C’est ce qui fait justement notre force et notre identité. C’est notre approche de la narration qui dirige les choix des matières et leur utilisation. Certains choix s’imposent parfois, quand il s’agit de structures par exemple, mais pour le reste les matériaux peuvent intervenir comme des acteurs du projet, des références ou bien dans une volonté de détournement. À travers notre travail nous tentons d’aller à l’essentiel.

Vous semblez présenter une sensibilité vis-à-vis du design post-moderniste des années 80, est-ce un courant qui nourrit vos travaux ? D’autres inspirations particulières ?

C’est un courant porteur d’une certaine insubordination où la forme peut affecter la fonction et créer une émotion. C’est un design expressif qui tire ses inspirations de divers courants artistiques et révèle une volonté d’être en marge. Nous avons bien sûr d’autres inspirations, très diverses car nous avons chacun des intérêts complémentaires. Nous puisons nos inspirations aussi bien dans les courants anciens que des mouvements actuels, artistiques ou techniques. En architecture, je pense entre autres à OMA/Rem Koolhaas ; Ricardo Legorreta. En art : Olafur Eliasson ; Krij de Kooning ; Banks Violette ; Sol LeWitt. En photo : Steven Meisel ; Scheltens + Abbenes ; Synchrodogs.

Lorsque vous livrez vos travaux à un client, avez-vous l’impression d’avoir réalisé une œuvre d’art contemporaine ou bien une commande commerciale ?

Notre travail joue souvent avec cette frontière. On ne peut pas parler d’œuvre d’art car nous sommes à l’écoute des besoins d’un client et nous devons évoluer avec ses contraintes. Et à la fois, ce n’est pas uniquement commercial puisque nous essayons de créer en collaboration avec le client une œuvre originale. Ce qui nous rapproche d’un travail artistique, c’est surtout la motivation que nous avons à remettre en question et aller au delà des attentes.

Si vous devriez parler d’un projet futur, lequel serait-ce ?

Avant la fin de l’année nous inaugurerons un nouvel espace à Paris avec un partenaire souhaitant démocratiser de nouvelles technologies et qui en France, reste encore peu connu. Pour ce projet, nous développons l’identité globale du lieu. Tout d’abord, son aménagement en développant des structures modulables capables d’accueillir différentes expériences, mais aussi son image puisque nous travaillons sur son identité graphique. Ce type de commande se rapproche de l’architecture d’intérieur, domaine dans lequel nous évoluons de plus en plus au fil du temps et qui augmente nos possibilités créatives.

Pour suivre Bonsoir Paris :
Facebook
Instagram
Behance
Tumblr


Crédit photo : Romain Bernardie-James

Propos recueillis par Nicolas Roche

design indaba

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

News

Andymation flipbook

Le cinéma dans le flipbook avec Andymation

Andymation rejoue dans un folioscope moqueur la scène finale d’Avengers Infinity War. Les folioscopes, plus communément appelés flipbook, sont des petits livrets de dessins. Feuilletés rapidement, ils donnent à l’œil l’illusion de mouvement. Faciles à réaliser, cela n’a pas empêché le flipbook d’Andymation de devenir viral. Pour rejouer la très raillée séquence « Mr Stark I don’t feel so good », il suffit de se munir d’un crayon, de papiers et de beaucoup de patience. Voir son profil Instagram.

Guardian weekly children issue on climate change

Le Guardian Weekly sur le changement climatique illustré par des enfants

C’est bien connu, la vérité sort de la bouche des enfants. Pourtant, rares sont les occasions de les entendre sur ce que l’on considère comme des « sujets d’adultes ». La semaine dernière, le Guardian Weekly, leur a tendu une perche en leur confiant le design de sa couverture. L’hebdomadaire consacrait une grande partie de ses pages au changement climatique, notamment au travers le regard des jeunes générations. La prise de parole de l’adolescente suédoise Greta Thunberg a marqué les esprits et transmis un message fort au monde entier. L’édition « Kids v Climate Change » lui offre une répercussion. Le directeur artistique de…

Installation cinétique marque Hem

Des confettis pour une installation cinétique et colorée

Pour son arrivée à Los Angeles, la marque de mobiliers suédois Hem a fait appel à Clark Thenhaus. Le designer imagine son identité architecturale et d’un patio bétonnais, en fait une vraie installation graphique. Confettis et serpentins colorés semblent comme y tomber du ciel. Le designer repense l’atrium telle une architecture vivante et cinétique, qui invite à l’échange au sein du nouveau showroom de la marque.

Flux

Andymation flipbook

Le cinéma dans le flipbook avec Andymation

Andymation rejoue dans un folioscope moqueur la scène finale d’Avengers Infinity War. Les folioscopes, plus communément appelés flipbook, sont des petits livrets de dessins. Feuilletés rapidement, ils donnent à l’œil l’illusion de mouvement. Faciles à réaliser, cela n’a pas empêché le flipbook d’Andymation de devenir viral. Pour rejouer la très…

design indaba

Top news

Testez vos qualités de designer avec Can’t Unsee

Avez-vous l’âme d’un bon designer ? Can’t Unsee, l’application créée par Alex Kotliarskyi, vous met au défi de choisir la meilleure interface sur les deux proposées. Si l’exercice est prenant, les résultats ne sont toutefois pas à prendre au pied de la lettre. Les questions se concentrent largement sur les…

Les Sorties Graphiques de février #3

Expos, vernissages, festivals ou conférences, chaque semaine étapes: note pour vous dans l’agenda les évènements de la scène graphique et artistique. Le Brand Day Paris par Monotype, au Showroom République Le spécialiste en identité visuelle, Monotype, organise ce jeudi 21 février, le Brand Day. Rendez-vous international rassemblant des marques de…

Ariel Sun illustration applat

L’ombre et la lumière dans les illustrations d’Ariel Sun

Les illustrations d’Ariel Sun font collaborer couleurs, lumière crue et ombres franches. Minimaliste dans l’âme, elle aime offrir des espaces assez aérés pour laisser l’imagination les compléter. Ses environnements colorés fonctionnent comme de doux instants à vivre et à se projeter. Suivre le travail d’Ariel Sun : ici