Les diplômés : Aglaë Miguel, designer graphique freelance

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection de projets de fin d’études réalisés par des étudiants en écoles d’art et de design. Que sont devenus ces jeunes graphistes dont les travaux nous ont séduits et que nous avons présentés dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

© Photo de couverture par Martina Orska

L’an dernier nous découvrions le projet de diplôme engagé de Aglaë Miguel. Inspirée par ses voyages au Japon, la jeune designer graphique avait notamment imaginé une série d’objets du quotidien fait pour durer. Son travail mêle habilement, formes, matières et détails, explore des solutions pour l’avenir, sans omettre de rendre hommage aux techniques artisanales les plus poussées. L’année qui a suivi l’obtention de son diplôme a été l’occasion pour elle, de continuer à expérimenter tant sur des projets graphiques que des objets plastiques.


Suivre Aglaë Miguel

Site internet : https://aglaemiguel.com

Instagram : @aglaemiguel


Pouvez-vous nous raconter votre parcours depuis l’obtention du diplôme ?

J’ai eu la chance d’intégrer le programme AIMS (Artiste Intervenant en Milieu Scolaire) dès la rentrée qui a suivi mon diplôme. C’est une résidence artistique ouverte aux diplômés de 5 écoles ; l’EnsAD, les Beaux-Arts de Paris, la Fémis, le CNSMDP et le CNSAD, cette année la promotion comptait 13 artistes. Pendant un an, nous avons chacun bénéficier d’un atelier dans une école primaire ou un collège d’Île-de-France et avons travaillé avec une même classe plusieurs heures par semaine. C’est une résidence fantastique car elle s’inscrit sur un temps long et permet un échange vraiment sincère et qualitatif avec les enfants, l’équipe enseignante et les structures voisines.

En juin 2019, nous avons présenté le fruit de nos différentes recherches dans l’exposition collective « Débordements » qui a eu lieu au Palais des Beaux-Arts de Paris et dans une édition du même nom.

Résidence artistique AIMS
Aglaë Miguel & Nora Duprat
Graphisme de l’exposition « Matisse et le livre dans l’École des Arts Décoratifs de Paris » Aglaë Miguel & Nora Duprat


En parallèle de ce projet au long cours, avec Nora Duprat qui est une amie et designer, nous avons dessiné le graphisme de l’exposition « Matisse et le livre dans l’École des Arts Décoratifs de Paris » qui a eu lieu en Mai 2019. C’était pour moi une première occasion de travailler sur un projet ambitieux pour une structure officielle comme l’EnsAD, avec toute la bienveillance des équipes que je connaissais de mes études. Et c’était aussi ma première collaboration avec une scénographe, Ingrid Buffetaut, qui a réalisé un travail magnifique autour des livres de Matisse.
Ces deux projets ont abouti il y a quelques semaines et j’ai depuis intégré l’équipe du domaine de Boisbuchet en tant que designer graphique pour l’été. C’est un endroit magique en Charente, fondé par Alexander von Vegesack et dirigé par Mathias Schwartz-Clauss. Il s’y déroule de nombreux workshops menés par de grands designers, artistes et architectes internationaux. Je travaille sur une publication qui retracera les 25 workshops de cette saison. C’est une première pour cette structure, il y a donc tout à inventer, c’est très enthousiasmant ! D’autant que ma pratique est très ancrée dans les problématiques portées par le lieu ; artisanat, expérimentations, collaborations, écologie.

Pourquoi aviez-vous choisi ces études, quel a été votre parcours jusqu’à l’Ensad ?

Après un bac S option japonais, j’ai passé un an au Canada dans un lycée anglophone. À mon retour en France, j’ai suivi une Mise à Niveau en Arts Appliqués. On y était vraiment formé à intégrer des BTS ou DMA, mais j’ai aussi tenté le concours de l’Ensad « pour voir », parce que j’étais curieuse de l’épreuve de quatre jours chez soi. Je ne m’attendais vraiment pas du tout à être admise ! À la fin de la première année, j’ai beaucoup hésité entre la spécialisation design graphique et celle de design textile. Le diplôme a été l’occasion d’explorer le lien entre ces deux pratiques

Comment avez-vous vécu votre passage de l’école à l’insertion professionnelle ?

Très bien ! La résidence AIMS a vraiment été un cadre idéal pour faire cette transition. D’abord parce que j’avais toujours un pied à l’EnsAD avec l’accès aux ateliers pour le projet. Ensuite parce qu’il était vraiment question de rendre intelligible ma pratique à des enfants, mais bien sûr aussi à tous les adultes qui les accompagnent et qui ne comprennent pas forcément ce qu’est le design. Je pense que c’est une très bonne chose d’avoir rapidement du confronter mon travail et mes problématiques à un quotidien du terrain. Et puis bien sûr, il ne faut pas négliger l’importance de la bourse, qui soulageait vraiment le stress financier inhérent à la sortie d’école.

Avez-vous eu des retours suite à la publication du numéro ?

Non je n’ai pas eu de retour. Pas encore peut-être ?

Souhaitez-vous continuer des recherches autour de votre projet de diplômes ?

Bien sûr ! Le design écologique et l’artisanat comme outil de production soutenable sont des problématiques qui restent primordiales dans mon travail. Avec mon projet de diplôme, j’ai pu apprivoiser des techniques textiles qui m’attiraient depuis longtemps (tissage, batik, teintures naturelles, sérigraphie, etc) et approfondir le travail du bois et du métal que j’avais entamé. J’aimerais poursuivre ses recherches graphiques et plastiques au travers de projets concrets, pour des identités visuelles, des packagings, etc.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Une fois l’édition réalisée pour le domaine de Boisbuchet (à la fin de l’été), je rentre à Paris pour continuer ma pratique de freelance.
À côté de ça, depuis quelques mois je développe un travail personnel autour des roches gravées par les bergers que l’on retrouve dans les montagnes (que ce soit en Haute-Maurienne, dans les Pyrénées ou bien sûr dans la vallée des Merveilles) et sur la marche protocolaire comme processus de création. Dans l’idéal, j’aimerais pousser cette recherche au sein d’une résidence artistique.
Et puis, nous avons pas mal d’idées de projets collaboratifs avec des amis, ça va être une rentrée très riche !

Résidence AIMS – photo : Mathieu Falumoi
Résidence AIMS – Freddy
Résidence AIMS
Résidence AIMS –

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