Les Dîplômés : Benjamin Tejero, illustrateur en freelance.

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

Benjamin est diplômé de l’ESAM Caen et exerce principalement en tant qu’illustrateur. Il aborde des thématiques variées à portée sociale, comme l’homosexualité ou la vie d’un sans domicile fixe, et les illustre en mélangeant Rotring et lithographie. Son diplôme se concrétise en une édition de ses dessins au points, précis, et une application sous forme de volumes en céramique. Il nous raconte comment la diversité des domaines qu’il explore le nourrit dans son travail graphique.

Site : www.benjamintejero.com
Instagram : @benjamin_tejero_


Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l’obtention de ton diplôme ?

En Juin 2016 j’ai obtenu un DNSEP Communication Visuel en mention Edition aux beaux arts de Caen. Le diplôme empoché je me suis envolé à Prague en République Tchèque. Sans pouvoir dire que j’y vis vraiment, il est vrai que j’y passe un certain temps, en particulier pour Bubahof , une structure montée avec d’autres artistes Français et Tchèques, avec qui nous tentons de valoriser l’art sous différentes formes. Nous organisons notamment des événements dans lesquels sont mis en avant le travail d’artistes d’horizons variés, le tout de la manière la plus simple possible, dans un esprit convivial, c’est quelque chose de très humain.

Pourquoi avais-tu choisis ces études ?

Parce que depuis tout petit je dessine, des chiens pour être plus précis, je voulais être vétérinaire ou bien dessinateur de canidés. En grandissant je me dirigeais plutôt en direction de la première option, j’ai même fait une première année en médecine ! J’ai toujours été bon élève, mais je ne me retrouvais plus du tout dans ces études et dans la vie en générale. J’ai donc tenté ma chance aux beaux arts, j’ai trouvé des réponses à certaines de mes interrogations, d’autres ont fait leur apparition, j’ai arrêté de dessiner des chiens.

Comment as tu vécu ton passage de l’école à l’insertion professionnelle ?

Le plus difficile a été de restructurer mes journées. Je sais que pour avancer j’ai parfois besoin de cadres, n’en ayant plus à la sortie de l’école j’ai dû me les créer. Aujourd’hui j’ai donc le collectif Bubahof et en dehors de ça je réponds aux appels à projets et je fais des illustrations pour des magazines.

As-tu eu des retours suite à la publication du numéro ?

Oui, j’ai été contacté par Opium, une revue de philosophie tenue par des étudiants de la Sorbonne, dans laquelle j’ai pu publier dans le dernier numéro le début d’un futur roman graphique.


Aujourd’hui, explores-tu toujours des thématiques controversées comme à ton diplôme ? Si oui, comment ?

Oui je continue et ce n’est pas prêt de s’arrêter ! Tout ce qui sort de la norme, ça fait partie des fameuses interrogations qui m’animent depuis quelques temps. Je continue mes travaux homo érotiques, dans des installations de céramiques comme lors d’une exposition collective organisée en début d’année à l’Abbaye au Dames de Caen ou encore des dessins et peintures qui paraitront dans le prochain buzzpack distribué à Caen.

Dans quelques jours va commencer une exposition réunissant une trentaine d’illustrateurs sur le thème de la jungle au 6b à Saint-Denis.* Dans mon cas Jungle rime avec Calais, c’est donc sous cet angle que je vais présenter une installation.

En parallèle à tout cela je développe en ce moment une série de céramiques traitant des personnes âgées placées, ce travaille faisant suite à 9 années d’emplois saisonniers en hôpital gériatrique.

Quels sont tes projets pour la suite ?

J’aimerais développer différentes collaborations, illustrer pour des écrivains, des musiciens etc. Pas seulement illustrer d’ailleurs car j’ai de plus en plus d’intérêts pour d’autres médiums comme la photo ou la vidéo.

* Exposition Jungles au 6B (6-10 quai de Seine, Saint-Denis) du 1er au 13 septembre.

Propos recueillis par Florian Bulou-Fezard

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