Les Diplômés : Camille Trimardeau, graphiste et étudiante-chercheuse.

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

Diplômée de ESADHAR du Havre, Camille est une ancienne gymnaste de haut niveau. Son projet de diplôme se concentrait sur la dimension physique, et même sportive, du livre. Elle réalise une série de plusieurs éditions. Entre autres, le livre « extension » met à l’épreuve la force du lecteur qui doit tirer sur la page élastique pour pouvoir lire. L’ouvrage « plomb » recouvert de métal sollicite les muscles et met au défi le lecteur qui doit tourner des pages de 15 kilos. Elle nous raconte comment elle poursuit ses expérimentations d’alors.

Site: camilletrimardeau.com
Instagram: @camille_trimardeau
Site du collectif plus+plus+egal= plusplusegal.com


Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l’obtention de ton diplôme ?

En 2016, j’ai obtenu un DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) en design graphique et interactivité à l’ESADHaR. Depuis octobre 2016, mon temps se divise en deux. Il y a mon projet de recherche sur le système de notation en gymnastique artistique et sportive en tant qu’étudiante-chercheuse dans le cadre du post-diplôme proposé par l’Atelier National de Recherche Typographique (ANRT) de Nancy. Et ma pratique de graphiste au sein du collectif plus+plus+égal= (++=) fondé en 2014 avec Marjorie Ober (également diplômée de l’ESADHaR en 2016).

Pourquoi avais-tu choisis ces études ?

Tout mon parcours est le fruit de jolis hasards. À la suite de mon BTS, c’est assez naturellement que j’ai poursuivi mes études aux beaux-arts du Havre. L’ESADHaR donnait une réelle opportunité de développer sa créativité à travers différents médiums et différentes techniques. La passerelle qui existe entre les différentes sections (art ou design graphique, pour ne citer qu’elles) était pour moi également un moyen d’enrichir ma pratique et de m’ouvrir aux autres.

En arrivant par équivalence en 2e année, je ne connaissais finalement presque rien au design graphique. C’est à force d’expérimenter, de discuter avec profs et élèves que j’ai pris conscience de la discipline. Pour le reste, je ne pense donc pas que je puisse réellement parler d’un choix, mais plus d’une route que j’ai suivie et dont j’ai appris à apprécier tous les aspects. Dans tous les cas, avec un peu recul, je sais que je ne suis pas venu chercher un métier avec cette formation, mais plus une nouvelle façon de voir et de penser pour mieux communiquer.


Comment as-tu vécu ton passage de l’école à l’insertion professionnelle ?

Etant donné mon double statut d’étudiante-chercheuse et de graphiste, mon insertion professionnelle a été relativement douce.

À l’ANRT on apprend à travailler en autonomie tout en accédant aux conseils de grands graphistes. On nous apprend à être précis et à élever notre production à un niveau professionnel. Professionnellement, je n’ai jamais travaillé seule. Ici, ce sont des projets sur lesquels nous avons du temps et pour lesquels nous sommes très libres graphiquement. C’est un environnement propice pour comprendre tous les mécanismes à mettre en place dans la gestion d’un projet et pour les appliquer plus tard.

As-tu eu des retours suite à la publication du numéro ?

J’ai eu quelques retours positifs suite à la publication de mon projet dans étapes:, notamment la publication d’un bel article « Camille Trimardeau ou l’approche sportive du livre » dans le blog du collectif Carré Cousu Collé.


As-tu envie de développer ton projet de diplôme; étendre ta réflexion sur le livre en tant qu’objet et sur l’expérience de lecture ?

Toutes les réflexions et les projets que j’ai mené durant mes études ont surtout eut pour but la création d’une boite à outils, qui m’ont aidé à poser les premières bases de ma pratique de graphiste.

Lors de mon DNSEP dont la logique était de mener l’art de performer le livre à l’envie d’éditer la performance, les projets n’avaient en soi pas l’objectif d’avoir une finalité, il était plutôt question d’ouvrir la réflexion. Naturellement, si j’ai l’occasion à travers une résidence ou par un autre moyen d’approfondir ma réflexion et ma production, j’en serais ravie. Mais pour le moment, je me concentre sur le projet sur lequel je travaille à l’ANRT qui est une suite de mon DNAP qui traitait de la graphie gymnique et de la performance sportive.

Quels sont tes projets par la suite ?

Je suis encore à l’ANRT jusqu’en mars 2018, où d’ici là, j’aimerais achever une bonne partie de mon projet de recherche. La suite serait de proposer mon travail aux fédérations de gymnastique ou de collaborer avec des personnes issues de cette discipline pour faire vivre le projet. En parallèle, m’installer à Paris pour trouver un travail dans un studio de graphiste tout en continuant de développer notre collectif ++=.

Propos recueillis par Florian Bulou-Fezard

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