Les Diplômés : Hélène Bellenger, photographe indépendante active en Egypte

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

Hélène est diplômée de l’ENSP d’Arles en Photographie. S’interrogeant sur la représentation de paysage, support de communication, imaginaire idéalisé, la photographe plasticienne réalise une intervention spatiale. Elle détourne les souvenirs photographiques kitsch ; piles d’affiches et d’installations d’objets-souvenirs dans l’espace d’exposition. Elle nous raconte comment elle en arrive aujourd’hui a travaillé activement en Egypte.

Site internet : www.helenebellenger.com


Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l’obtention de ton diplôme ?

J’ai été diplômé de l’École Nationale Supérieure de la Photographie en juin 2016. J’ai ensuite enchaîné sur la résidence Planche(s) Contact à Deauville et une bourse de recherche et création proposée par l’Obs’In (Observatoire des pratiques de création de l’image numérique). J’ai également eu la chance de ponctuer l’année 2016 – 2017 de belles expositions collectives, telles que l’exposition des diplômés de l’E.N.S.P chez Agnès B., l’exposition sur le pli en photographie à la galerie Binôme ainsi que le 62e Salon de Montrouge.

J’ai également été commissaire d’exposition à l’occasion des 50 ans du Centre Franco-Égyptien d’études des Temples de Karnak (CFEETK, Égypte). Pour cette occasion, j’ai co-dirigé avec Émilie Saubestre, elle aussi jeune diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie, une grande exposition photographique à l’intérieur du Temple de Karnak (Égypte). Une expérience extrêmement enrichissante.

Pourquoi avais-tu choisis ces études ?

J’ai choisi l’École Nationale Supérieure de la Photographie de par son engagement envers la Photographie Contemporaine et la qualité de production des artistes sortants de cette école. Ayant un parcours principalement théorique, j’appréciais particulièrement l’importance de la recherche aussi bien plastique, que théorique revendiquée par cette école.


Comment as-tu vécu ton passage de l’école à l’insertion professionnelle ?

Le partie la plus difficile dans mon insertion professionnelle a été la gestion du temps. Trouver le bon équilibre entre production artistique, expositions, dossiers de candidature et travail alimentaire. Une économie et un juste milieu que je suis encore en train d’expérimenter !

Jusqu’en juillet dernier j’ai été photographe auprès de l’équipe de chercheurs du Centre Franco-Égyptien d’Études du Temple de Karnak (CFEETK/USR 3172 du CNRS à Louxor en Égypte). Depuis lors, je travaille en indépendante sur mes projets et je vais travaillerer en partenariat avec des structures tout au long de l’année dans le cadre de résidences (Institut Français d’Égypte d’Alexandrie et Cinémathèque de Toulouse). Pour l’instant j’ai décidé d’auto-financer mes projets, pour ne pas lier l’évolution de ma pratique à des validations extérieures, et je réponds en parallèle à des appel à candidature pour des bourses.

Poursuis-tu les interrogations sur la représentation du paysage et sa surconsommation ?

C’est un travail que je continue en pointillé, notamment concernant la question du balisage des représentations et de notre relationnel à ces images. J’exposerai prochainement une de mes pièces à Variation, Paris Media Art Fair, du 15 au 25 novembre 2017.


Quels sont tes projets pour la suite ?

Depuis janvier 2017, je poursuis un projet personnel qui tend à questionner la photographie de mariage en Égypte contemporaine. En effet, cette tradition visuelle aux nuances pop est extrêmement développée dans l’Égypte d’aujourd’hui et représente, selon moi, un point névralgique des plus intéressants aussi bien du point de vue de la condition de la femme égyptienne, que de la colonisation des regards et de la contradiction avec la tradition musulmane aniconique. Ce projet sera présenté à l’Institut Français d’Égypte d’Alexandrie au printemps 2018.

* Exposition Variation, Paris Media Art Fair, du 15 au 25 novembre 2017, à la Galerie de la Cité Internationale des Arts de Paris.

Propos recueillis Florian Bulou-Fezard

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