Les Diplômés : Léa Dallaglio, CEO de la start-up Engram

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Un an après la dernière promotion, une nouvelle génération vient de décrocher le précieux sésame. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

Lors de son année de diplôme, Léa constate une overdose de sollicitations et une dilution de la mémoire des technologies instantanées. En bon UX designer, elle a relevé le défi de créer une application mobile de messagerie non-instantanée. C’est alors qu’elle décide de créer un système de communication spatio-temporelle lors de sa dernière année à l’ENSCI. Son travail, Éclipse, rebaptisé Engram, a été l’occasion pour Léa de se lancer dans la vie active après les études, entre stratégie et expérience utilisateur, collaboration et création de studio. Rencontre avec une professionnelle passionnée d’édition et de sémiologie mais aussi d’objets fantasques et d’escalade.

Engram


Pour suivre le travail de Léa Dallaglio – http://leadallaglio.wix.com/ux-ui


Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l’obtention de ton diplôme à l’ENSCI en master création industrielle en 2014 ?

J’ai choisi de consacrer une partie de mon temps au développement de mon projet de diplôme. J’ai alors entamé une formation d’entrepreneuriat pour me familiariser avec l’organisation d’une start-up, la gestion, la comptabilité, etc… Il s’agit d’un projet de design numérique, je me suis donc également lancée à la recherche d’un développeur avec qui m’associer. Parallèlement, j’ai débuté une activité de freelance qui a aboutit à la création d’un studio de design et de stratégie début 2015. Nous sommes maintenant deux designers associés à travailler essentiellement pour ce studio et nous renforçons régulièrement l’équipe d’autres designers, graphistes, développeurs, photographes, etc… pour répondre au mieux aux besoins de nos clients.
Il y a un an, j’ai rencontré deux développeurs avec qui j’ai fondé ma start-up, Engram (mon projet de diplôme s’appelait Eclipse, nous l’avons rebaptisé Engram). Aujourd’hui, je dirige cette startup et je m’occupe de la création de la conception et de la stratégie de développement de l’application avec l’aide de notre studio de design.

Comment as-tu vécu ton passage de l’école à l’insertion professionnelle ? As-tu été accompagnée ?

Je l’ai vécu de façon assez ambivalente, à la fois pleine d’entrain pour l’entrée dans la vie active, pour la liberté et l’autonomie dont je bénéficie et pour tous les projets enthousiasmants sur lesquels je travaille depuis deux ans et demi tout en ayant une pointe de nostalgie pour mes projets d’étudiante pour lesquels je consacrais énormément de temps à des phases de recherche et d’expérimentation très longues.
Concrètement, j’ai beaucoup de chance car je bénéficie de l’excellent réseau de l’Ensci et du Celsa. Je suis également accompagnée par des entrepreneurs plus âgés et plus expérimentés qui m’aident à structurer et à déployer mon activité, notamment sur ses aspects financier, juridique et organisationnel.

As-tu eu des surprises ? Bonnes ou mauvaises ?

Je commence par la mauvaise surprise : je n’étais pas vraiment préparée aux complexités juridiques et fiscales liées à la création et à la gestion d’une entreprise. En revanche, j’ai pu travailler rapidement sur des projets riches et intéressants dans des domaines aussi variés que les télécoms, les produits cosmétiques ou l’aéronautique, tout ça au sein d’équipes toutes plus enrichissantes les unes que les autres donc je continue à apprendre et ça, c’est une bonne surprise !

Avec deux ans de recul, changerais-tu certaines choses ?

J’ai fait quelques erreurs, c’est sûr, mais je ne les regrette pas, pour l’instant je ne changerais rien.

As-tu prolongé le travail entrepris au cours de ton diplôme ?

Oui, en travaillant le business model pour créer la startup Engram en m’associant à deux développeurs. Nous sommes aujourd’hui en phase de beta test sur les plateformes iOS et Android et l’application sera très prochainement disponible gratuitement sur Google Play et l’Apple Store. Vous pouvez suivre nos avancées sur http://www.engram.fr. Attention, la landing page est parfois en maintenance, c’est le début 😉

Qu’est-ce qui t’avais motivée à participer au numéro spécial diplômes d’étapes ?

J’aime beaucoup Étapes et l’idée d’avoir un article dans ce magazine me plaisait. J’avais l’intention de développer mon projet en équipe, participer a ce numéro était donc une belle façon de rencontrer des personnes avec qui le porter et de tester l’attrait du concept auprès de vos lecteurs.

As-tu eu des retours particuliers après la publication ?

Oui ! Cette publication et mon label de l’Observeur du Design m’ont permis de rencontrer mes associés et d’étoffer mon projet.

Quelles sont maintenant tes ambitions pour les années à venir ?

Je vais porter plus loin le projet Engram en décelant des nouveaux usages qui permettront d’enrichir l’application. Par exemple, nous sommes en train de réfléchir à un modèle B to B.
Je veux continuer à déployer l’activité de notre studio en veillant à ne pas faire que du digital car l’UX, et plus largement le design de service, est aussi dans la signalétique, le packaging ou la communication.
J’ai envie de créer un espace de co-working autour de notre studio où chacun se concentre sur son activité tout en étant libre de partager ses ressources, ses clients et ses connaissances selon la complexité des projets. C’est à venir, j’espère !

Souhaites-tu partager avec nous des projets sur lesquels tu travailles ?

Presque tous mes projets sont malheureusement encore confidentiels, c’est le revers de la médaille quand on travaille avec des grands groupes. Je peux néanmoins communiquer sur Engram, voici quelques écrans.

Les projets que Léa a souhaité partager avec nous :

Les Nutriliens, projet de design critique et prospectif sur la consommation alimentaire en 2050.

Comment dire et commentaire : formaliser. Recherche sur le souvenir et la mémoire.

Partagez votre projet de diplômes 2016 sur <a href="notre site dédié pour faire partie de la sélection 2016 à paraître dans la revue. Un numéro soutenu par Fotolia


Propos recueillis par Erwan Le Roch

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