Les Diplômés : Quentin Lacombe, photographe indépendant

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection des projets de fin d’études réalisés par les étudiants en école d’art et de design. Mais que sont devenus ces jeunes graphistes dont nous avons été séduits par le projet et que nous avons eu la joie de passer dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

Site : http://www.quentinlacombe.com
Instagram : quentin_lacombe

Quentin sort diplômé de l’ECAL en 2016. À travers son projet photographique Event Horizon, il cherche à parler d’astronomie avec son regard amateur. Fasciné par les images scientifiques et leur capacité à montrer ce qu’il est impossible de voir, Quentin questionne les interactions possibles entre la science, la fiction et la photographie. Un travail qu’il poursuit encore et dont il nous parle plus largement.


Quel diplôme as-tu obtenu en 2016 ? Peux-tu nous raconter ton parcours depuis son obtention ?

J’ai obtenu en juin 2016 un Bachelor en communication visuelle à l’ECAL (Ecole Cantonale d’Art de Lausanne), orientation Photographie. Depuis, je vis et travaille à Lausanne comme assistant au département photographie de l’ECAL et comme photographe indépendant. En Décembre 2016, mon livre de diplôme à été sélectionné dans la liste des premiers livres photo de la Fondation Aperture. J’ai été sélectionné pour les Swiss Design Award pendant Art Basel et fait parti des FOAM Talent 2017. Ce mois-ci mon livre de diplôme Event Horizon est publié chez RVBBooks.

Pourquoi avais-tu choisis ces études ?

J’ai découvert la photographie pendant mes études d’architecture. J’étais fasciné par le pouvoir communicatif des images lors de l’élaboration d’un projet. Une perspective construite ou un photomontage valait parfois mieux qu’un discourt ou une série de plans. Comme l’architecture, la photographie puise ses influences dans les éléments du quotidien. Elle est nourrie par vos centres d’intérêt. Elle devient alors une porte d’entrée vers le monde et permet de s’intéresser à d’autres champs d’études, d’autres pratiques, d’autres milieux a priori inaccessibles.


Comment as tu vécu ton passage de l’école à l’insertion professionnelle ?

J’ai eu la chance de pouvoir travailler à l’ECAL très vite après avoir eu mon diplôme. Dans le même temps je pouvais continuer de travailler sur des projets personnels et assurer des travaux de commande. Je pense être encore dans cette période de transition. C’est un processus qui prend du temps.

Comment travailler en indépendant dans la photographie ?

Il me semble indispensable de cultiver en parallèle plusieurs pratiques de la photographie. Celle de la commande et celle d’une approche plus personnelle. J’envisage le travail de commande comme un laboratoire. Le cadre contraignant qui nous est imposé ouvre souvent des pistes visuelles ou conceptuelles intéressantes qui peuvent être transposées vers un travail personnel et inversement.

As-tu eu des retours suite à la publication du numéro ?

En février 2017, j’ai été contacté par Opium Philosophie pour participer à l’élaboration d’un article sur le thème de la projection. Il me semble qu’ils avaient vu mon travail dans le numéro étapes: 234.


Ton travail de diplôme était influencé par les photographies en sciences et en astronomie ; est-ce toujours le cas ? Si oui, comment ?

Dans ma pratique personnelle, oui c’est toujours le cas. Ce sont des domaines qui m’intéressent et qui me servent à poser les bases d’un univers science-fictionnel que je cherche à construire. Selon moi la photographie est, par nature, interdisciplinaire. Les genres photographiques sont multiples et entraînent avec eux un régime de connaissance qui dépasse le médium photographique lui-même. En cela, la photographie intègre l’idée de se libérer d’une connaissance unidirectionnelle et verticale. J’essaie toujours de garder un regard transversal dans mon travail.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Je travaille en ce moment sur un nouveau projet dans la continuité du travail de diplôme. Je ne peux pas en dire plus, rien est fixé pour l’instant. En parallèle, je continue à faire valoir mon travail de diplôme. Il est exposé en ce moment et jusqu’au 12 novembre au FOAM à Amsterdam.*

Exposition collective de 20 artistes émergents
Foam Museum of Photography, Amsterdam
Du 1er septembre au 12 novembre 2017
>> infos https://www.foam.org/museum/programme/foam-talent

Propos recueillis par Florian Bulou-Fezard

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