Les Diplômés : Violette Vigneron, après les fleurs, la terre et le feu

Chaque année, chez étapes:, nous proposons à l’automne un numéro spécial diplômes qui présente une sélection de projets de fin d’études réalisés par des étudiants en écoles d’art et de design. Que sont devenus ces jeunes graphistes dont les travaux nous ont séduits et que nous avons présentés dans nos colonnes au cours des années précédentes ? Nous avons mené l’enquête.

Souci, le projet de Violette Vigneron : Violette Vigneron tente de développer un nouveau mode de conservation et de composition des bouquets. Elle collabore avec la fleuriste Sandra Péchenard et Charles Rosenberg, chercheur en biologie moléculaire. Inspirée par le travail des scientifiques de l’Institut national de la recherche agronomique, Violette Vigneron imagine un support composé d’eau et d’agar-agar, une algue qui permet à l’eau de se gélifier. Elle utilise ce substrat hydratant comme socle dans lequel les tiges des végétaux sont plantées.

 Veronique Huyghe

Suivre Violette Vigneron

Site internet : violettevigneron.com

Instagram : @_souci



Peux-tu nous raconter ton parcours depuis l’obtention de ton diplôme ?

Une fois diplômée de l’ENSCI, j’ai quitté la capitale. Je suis partie plusieurs mois au Mexique, où j’ai travaillé avec Clément Rosenberg pour une maison d’édition et des artisans céramistes. À mon retour, j’ai fait quelques missions, notamment pour le studio de jeux video Endroad en tant que scénographe lumière, designer à la Fabrique du musée Pompidou et j’ai aussi assisté le studio de recherche en céramique Biskt pendant plusieurs mois. Cette année fût entièrement consacrée à la recherche d’un format qui me convienne, et auquel je convienne.


Pourquoi ces études ?

J’ai pris le chemin des arts appliqués après le collège, j’ai quitté Tulle pour intégrer l’internat de La Souterraine. Ce choix a été conduit par mon désir de rencontrer des personnes qui m’aideraient à mettre des mots sur ce qui m’intéresse et par ma crainte de m’ennuyer dans une section générale. Après le bac j’ai intégré l’ENSCI avec le sentiment de pouvoir y explorer de nouvelles manières de faire. Sans savoir vraiment ce que j’allais y trouver, j’imaginais un laboratoire de formes et de matières permettant d’expérimenter et de chercher des solutions à mes insatisfactions. 


@_souci

Comment as-tu vécu la transition de l’école vers la vie professionnelle ? Que fais-tu aujourd’hui ?

Je considère que je suis encore en transition. Je viens de quitter Bruxelles pour m’installer dans le Limousin, ou j’intègre le CRAFT (Centre de Recherche des Arts du Feu et de la Terre) en tant qu’apprentie. Je vais y acquérir une autonomie technique avec la terre et pousser mon travail de recherche avec et par la matière.


As-tu eu des retours après la publication du numéro ?

Oui ! Le Centre Pompidou m’a invité le semestre dernier à venir présenter et faire jouer mon projet de diplôme lors d’ateliers pour adultes. C’était la première fois que je partageais le projet avec des personnes extérieures au monde du design ou de l’art floral. Avec les animatrices, nous avons vu des très belles choses apparaître, ce qui m’a permis de prendre du recul sur mon projet. J’ai adoré le contact avec le public. Les échanges étaient très stimulants, autant dans les débats que les formes qui en ont découlées.


@_souci

Comment ton travail créatif a-t-il évolué depuis ton diplôme et quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton projet Souci ?

Ce projet de diplôme restera une hypothèse. Il est difficile d’influencer, même qu’un peu, la sphère économique dominante. Le problème de ce projet est qu’il aurait besoin d’un soutien financier pour exister, ce que je n’ai pas encore trouvé. En ce moment je repense l’échelle de mon travail pour être le plus autonome possible. 


@_souci

Aujourd’hui, quels conseils aurais-tu donné à la Violette Vigneron d’il y a un an ?

  • Passe vite à la matière, tout ne se voit pas par le dessin et c’est dans cette exploration qu’il y a des choses à découvrir.
  • Assume le fait d’avoir une méthodologie propre.

Quels sont tes projets et aspirations pour l’avenir ?

J’ai le sentiment qu’il est difficile d’intégrer une structure dans laquelle on se reconnaît. Ces lieux sont rares, et les places sont chères. J’essaie donc de me créer un environnement qui répondrait à mes critères. Je me rends dans le Limousin dans le but de me former aux arts de la terre et du feu afin d’acquérir une autonomie de production et de recherche. J’essaie de travailler au maximum en atelier, et en collaboration ou au service de constructeurs (habitation, décor, jardin). Parallèlement j’aimerais participer à des réunions autour de sujets et de savoir-faire spécifiques pour faciliter leur partage. Je pense qu’on est beaucoup à chercher la même chose et qu’il est dommage de rester seul. J’ai beaucoup d’envies, j’espère que certaines verront le jour ou que je trouverais une dynamique à laquelle me joindre.

@endroad_team

L’appel à projets spécial diplômes 2019 d’étapes: est à retrouver : ici.

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