Les étudiants de LISAA mettent les musées en image

À la fin de leurs études, les élèves de LISAA (L’Institut des Arts Appliqués) en master direction artistique numérique doivent réaliser une commande, rémunérée, pour un client extérieur. Tom Diego, Alejandra Fernandez, Paul Floc’h et Guillaume Poulain ont imaginé des courtes vidéos pour le Musée de la Chasse et de la Nature, tandis qu’Estelle Panel, Chloé Gohin et Martin Barbé étaient chargés de concevoir deux films d’animation pour le Muséum d’histoire naturelle du Havre. Nous sommes allés à leur rencontre, sur leur lieu de production et au sein de l’école pour les observer mener à bien leurs projets.

Un spectacle inattendu nous attend dans les pièces sombres et mystérieuses du Musée de la chasse et de la nature : nos quatre étudiants évoluent au milieu de perches et de micros, de caméras et d’ordinateurs, préparant la prochaine scène qu’ils doivent filmer en attendant l’actrice. Le Musée de la chasse leur a commandé des courts films d’animation humoristique reprenant des « classiques » du petit écran.

Les feux de l’amour, Les bolosses des belles lettres, et le télé-achat… ils se sont réappropriés des formats de vidéos cultes et en ont repris les esthétiques pour proposer des courts métrages attrayants et humoristiques, présentant le musée. Ils ont dû relire les textes proposés par le musée, les modifier et faire de nombreux aller-retours pour soumettre les storyboards et expliquer ce qu’ils avaient imaginé, avant de pouvoir commencer à tourner.

Ensuite, tous les lundis, ils se sont rendus sur place pour les séances de prise de vue, en compagnie du personnel du musée, très réceptif au projet comme le raconte Paul : « Ils se sont beaucoup investis et ont joué le jeu, c’était très agréable de travailler dans ces conditions et on a pu pousser le projet au bout grâce à leur motivation et leur implication. »

Pour eux, le travail de groupe a été une force tout au long de l’aventure : « On n’avait pas forcément travaillé ensemble, mais le cadre professionnel a fait que tout s’est très bien passé, et il s’est avéré qu’on se complète avec nos différentes compétences. Chacun a su trouver sa place et se saisir des différentes missions ». Le tournage semble en effet être réglé comme du papier à musique : pendant que l’un s’occupe de cadrer, les autres calent le son. Concentrés, sérieux, ils sont efficaces et quand l’actrice arrive, ils la guident comme de vrais professionnels.

Le résultat semble remplir sa mission : les références parlent à tous, à un public adulte mais aussi plus jeune. L’humour, omniprésent, fonctionne bien et le message est clair.

Un petit avant goût des vidéos finales :

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Court métrage inspiré des Bolosses des Belles Lettres

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Court métrage mettant en scène une visite du musée pour une école

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Court métrage inspiré du télé-achat

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Court métrage inspiré des Feux de l’Amour

Nous nous dirigeons ensuite vers les locaux de l’école, où nous rencontrons Estelle, Chloé et Martin. Ils ont été chargés de réaliser deux vidéos pour le Muséum d’histoire naturelle du Havre, sur la communication et les interactions entre les animaux du monde.

Confortés dans leurs projets, ils nous racontent leur expérience riche en rebondissements. Le parcours effectué a été une véritable mise en application de leurs études au monde professionnel : « On est allés visiter le musée, on a ensuite dû retravailler le texte qu’ils nous ont fourni à mettre en images, le faire valider, enregistrer la voix-off, et enfin procéder à la conception de la vidéo. » Au cours de ces différentes étapes, ils ont donc appris comment fonctionnait la relation client : « On a dû faire des documents qui servent au client, pour leur expliquer, et vulgariser tout ce qu’on avait appris ».

Il a aussi fallu s’adapter aux contraintes de temps : ils ont simplifié leurs idées de base, et ont fait le choix d’aplats de couleurs par exemple. La dimension pédagogique du film d’animation était une autre contrainte : « Nous l’avons pensé à destination des enfants, et avons trouvé une manière ludique de raconter ces histoires. Ainsi, on a décidé d’imager des actions simples, tout en gardant une continuité par des petits éléments entre les différents plans. »

Pour ce projet, le groupe a été constitué en amont. Ainsi, si Estelle et Chloé avaient déjà travaillé ensemble par le passé, c’est la première fois qu’elles travaillaient avec Martin. Cette aventure se caractérise donc aussi par une phase d’approche, où chacun a dû s’adapter, s’apprivoiser et trouver une répartition des tâches qui fonctionne : l’un qui dessine les animaux pendant que l’autre se charge des décors, etc. Il leur a surtout fallu trouver une identité commune à tous, que ce ne soit pas un simple patchwork des styles de chacun : « L’un des points primordiaux de cette recherche, c’est que nous avons dû trouver un équilibre graphique commun. C’était difficile au début parce que nous avons des styles très différents, mais finalement il s’est avéré qu’on se complète tous, c’est donc très enrichissant. »

Gestion du temps, travail en équipe, répartition des tâches, organisation, communication, nos trois étudiants ont plongé dans le grand bain pour en sortir grandis, avec une expérience formatrice assez solide, dont ils tirent leurs premières leçons : « On a aussi appris à accepter qu’avec toutes ces contraintes (client, temps, mais aussi le fait d’être un groupe), le rendu final ne correspond pas à ce à quoi on s’attendait. À faire la part des choses, entre les goûts de chacun et l’efficacité d’un dispositif : ce n’est pas parce qu’on aime pas personnellement que ça ne fonctionne pas… »

Les deux vidéos, fraîches et pimpantes, sont agréables à regarder. Une voix-off explique la communication chez les animaux, ou décrypte leurs interactions, pendant que les animations visuelles mettent en scène ceux-ci dans leurs environnements naturels : les hippopotames, les paresseux, les ours, les caméléons, les fourmis, les lamantins… sont autant de formes assez simples et reconnaissables, dans des décors qui fonctionnent par systèmes de couleurs.

Des étudiants en fin de formation, et des musées à la recherche de nouvelles propositions, avec la volonté d’ouvrir à un public toujours plus large et de donner une image moins institutionnelle et plus accessible, cela semble être une dynamique fédératrice de nouvelles idées.

Quelques images, et l’un des deux films d’animation :

https://youtu.be/KoWa_AaLrZg

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