Maïté Franchi dévoile le fond derrière la Surface

« La forme, c’est le fond qui remonte à la surface. » disait Victor Hugo. On ne peut que donner raison à l’écrivain français quand on observe les illustrations de Maïté Franchi. Elles lèvent vite le voile sur la personnalité de son auteur. Son trait, franc et vectoriel, synthétise dans une image des scènes de la réalité quotidienne. Mais derrière cette apparence objective, se dévoile une autre facette, plus poétique. On la décèle dans le choix des aplats de couleurs, le juste jeu des textures, et dans le sens spontané et personnel que l’illustratrice lyonnaise raccroche à la création de chacune de ses images. Nous avions récemment redécouvert son travail à l’occasion de sa collaboration récente avec Microsoft autour du device Surface. Curieux d’en savoir plus sur son parcours, nous lui avons posé quelques questions.

Bonjour Maïté, peux-tu te présenter ton parcours en quelques mots ?

Je suis illustratrice freelance à Lyon. Après 2 ans de prépa et 3 années en école d’arts graphiques à Paris, j’ai voyagé quelques mois. De retour à Paris, j’ai travaillé en tant que DA dans plusieurs agences parisiennes, pendant 7 ans. J’y ai appris les process, l’organisation, les métiers de la chaîne graphique, et rencontré des personnes géniales !

Les soirs et week-ends, je travaillais sur des projets d’illustration, en free ou comme projet personnel que je postais sur les réseaux. Puis en 2015, sur un coup de tête, je déménage à Lyon et je reçois la commande qui va me lancer.

Si tu devais choisir trois de tes illustrations pour te définir ?

1. EUROSTAR Lyon

Le timing était idéal, je venais d’arriver à Lyon depuis quelques mois, et on me demandait de faire un poster illustré sur ma ville d’adoption. Le poster rassemble ce que j’aime dessiner, les couleurs que j’affectionne, la perspective plate, et de la texture.

2.BARILLA.

Cette illustration m’a été commandée par une marque de pâte qui m’a demandé d’interpréter ma vision de la «pasta». J’ai pensé à ma tante italienne qui nous rassemble une fois par an autour d‘une grande table. Elle prépare pendant des jours toutes ses spécialités, sa cuisine sent délicieusement bon.

3. MICROSOFT

Dessiner plus de personnages était mon défi de l’année dernière, j’ai pensé ce triptyque comme une sérigraphie, peu de couleurs, de grands aplats. L’idée est de pouvoir utiliser les parties séparément et de pouvoir animer les éléments.

Quand as-tu commencé à dessiner et à partir de quand as-tu développé ce trait qui t’es propre ?

Comme pour beaucoup d’illustrateurs, je ne me suis pas arrêtée de dessiner. Au début, je dessinais beaucoup en noir et blanc par peur de la couleur. Puis, à force d’essayer, de tester des palettes, des outils différents, j’ai trouvé où je me sentais le mieux, avec des aplats colorés, adoucis par de la texture.

Qu’est-ce qui est le plus à même d’inspirer tes illustrations ?

J’observe et je prends beaucoup de notes. Je dessine des petites compositions, photographie des palettes de couleurs, une belle lumière. J’ai du mal à couper !

As-tu une journée de travail type ?

Depuis l’arrivée d’une petite personne, ma journée est assez réglée, je me lève tôt et je vais à l’atelier, une pause le midi avec les copains et je rentre vers 18h, puis je travaille encore un peu entre 20 et 22h, souvent sur des croquis.

Es-tu plutôt une créative nomade ou sédentaire ?

Les 2 ! J’ai besoin d’avoir un bureau pour travailler, un endroit qui me mette en condition de travail. Je peux aussi travailler partout, il me faut juste une petite table.

Généralement quand on te soumet un brief, quel est le point de départ de ton processus ?

À la première lecture du brief, je note tous les mots clés, les points importants, les dimensions, j’écris beaucoup, je fais des croquis, je pose de minuscules compositions pour garder tout ce qui me vient en tête. Toutes ces notes me permettent de trier mes idées et de me concentrer sur une ou deux maximum. Souvent, les délais sont très serrés, il faut prendre des décisions rapides.

À quel moment tu décides qu’un projet est terminé ?

Quand je commence à ajouter trop de textures, des lumières c’est que j’ai été trop loin. Il faut savoir s’arrêter, si on a pas de deadline qui nous pousse à nous arrêter.

Mais je suis trop impatiente pour passer des semaines sur une illustration, je me lasse vite, je pars plutôt sur une série d’illustrations que sur une unique et très longue illustration.

Quelle est la place du numérique dans ton travail de création?

Mes illustratrions sont toutes en vectoriel, je ne dessine pas à la main sauf pour la partie de reflexion sur la composition. Le reste se passe sur tablette et ordinateur.

Comment utilises-tu la Surface de Microsoft au quotidien ?

Je l’utilise pour travailler à la maison et en déplacement, il est léger, rentre dans mon tote bag, parfait !

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Qu’est ce qui t’a attirée dans ce Device ?

La configuration du système, pour un portable il se défend vraiment bien, je peux lancer toutes mes applis, la musique, il ne rame pas, plutôt impressionnant !

Quel serait pour toi l’outil idéal ?

Un écran qui pourrait se mettre à la dimension de l’illustration finale!

En 2020, un illustrateur peut-il se passer des réseaux sociaux ? As-tu une stratégie particulière pour garder le contact avec ta communauté ?

S’il le souhaite oui évidemment, le regret que j’aurais c’est de ne pas pouvoir suivre son travail facilement !

Quels sont tes challenges pour les mois à venir ?

Prendre du temps pour réaliser les projets personnels que j’aimerais faire. J’adorerai faire une fresque et finir mon projet de sérigraphie.

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