MNSTR x FRIENDS : un notebook connecté pour une expérience digitale poétique

MNSTR s’est fait une spécialité des projets mêlant tangible et digitale. Après les stickers réalisés en collaboration avec le collectif 9ème concept, l’agence parisienne invite 7 artistes et designers à s’exprimer sur un notebook en édition limitée. Un objet graphique de qualité dans lequel se glisse des créations qui se transforment au passage du mobile.

Séduit par le concept, on a profité du lancement du notebook pour poser quelques questions à Louis Bonichon, directeur de création chez MNSTR.

http://www.mnstr.com
Page du Projet : http://bit.ly/1PYTHtk

Le Notebook crafted by MNSTR & Friends est un projet auto-initié par MNSTR. Comment est-il né et quel est son ambition ?

Tous les 2 ans nous éditons un Notebook augmenté. C’est un objet intimiste que l’on offre, que les gens gardent, et une collection d’expériences visuelles, où l’on va simplement s’amuser à donner vie à des images.

À chaque fois qu’on l’offrait à des artistes ou des studios avec lesquels on bossait, on se disait que ce serait génial d’imaginer de nouvelles expériences ensemble à travers leurs univers. On les a donc invités pour cette troisième édition. D’habitude l’ambition était de faire un notebook fonctionnel, dont on se sert en réunion. Là, c’est de créer une sorte de collector. Un petit objet précieux qui fixe ce que nous aimons faire à un moment T.

Quelles sont vos étapes de réflexion lorsque vous imaginez un objet graphique de ce type ?

Nous avons avancé en mini équipe : Raphael Capodanno, s’occupait de la DA de l’objet, Xavier Roch,e motion Designer, collaborait en amont avec les artistes pour l’animation de leurs créas, Nico Lefebvre gérait la partie dev et Lucie Lecomte la coordination avec tout le monde. On s’est d’abord posé ensemble pour définir ce qui était jouable et intéressant pour définir un périmètre.
On a eu tendance au début à trop rationaliser ou à vouloir faire des choses compliquées… Puis on s’est dit que ce n’était pas du tout le propos et on a passé beaucoup de temps à simplifier pour aller vers quelque chose de plus émotionnel : une interaction naturelle et des expériences visuelles simplement poétiques.

Nous avons voulu faire un carnet en tout petit format. Nous avons choisi de disséminer les créations entre les pages, pour que le lecteur soit obligé de feuilleter le carnet et que chaque image trouvée soit comme une surprise.
Après on s’est demandé avec les artistes ce qui serait amusant de déclencher dans une image. Chacun est venu avec son idée. Réveiller une image qui dort (Niark1), traverser un décor (Philippe V), donner vie à une fresque (Olivia de Bona), changer le sens d’une phrase (Playground) … Il y a aussi Mathieu, DA chez Monstre qui a imaginé une sorte de décryptage de symboles pour découvrir les noms des artistes.

À plusieurs reprises vous avez exploré dans vos projets la relation entre tangible et digital, pourquoi ce choix d’aller vers des créations hybrides ? Quel recul a-t-on aujourd’hui sur l’efficacité de ce type d’expérience utilisateur ?

Ce qui nous intéresse dans le fait de mélanger tangible et digital c’est de créer un objet (un sticker, un livre, un notebook) que les gens s’approprient. Mais que ce même objet puisse être le support d’un moment qu’on peut partager.

Quand quelqu’un anime des stickers, les images d’un livre ou les créations de ce book, il le fait pour le montrer autour de lui. Parce que c’est étonnant. Il y a un côté « trick de magie ». Un livre dont les images s’animent est une idée qu’on retrouve dans énormément de très vieux films, de contes… c’est très poétique et ça parle à n’importe qui.

Nous n’aimons pas beaucoup l’expression « réalité augmenté » parce que ça nous rappelle la démo technique et le côté ultra fonctionnel qu’on a voulu lui donner avec par exemple Google Glasses… Mais elle permet de créer un « Effet Spécial » qui ‘donne l’illusion‘ de prolonger une image. Pour que l’expérience fonctionne il faut que ce qu’on propose joue sur ce principe.

Comment s’est faite la sélection des 7 artistes ?

Surtout à l’enthousiasme et à l’envie. Pour le plaisir de collaborer ensemble et de s’amuser à créer cette collection. Ce sont tous des artistes avec qui nous avions collaboré ces dernières années. Ils ont tous des univers et un rapport à l’image très différent.
Mathematic viennent du FX, du Motion et de la 3D, Playground vient du graphisme, Philippe Valette de la BD et de l’animation, Romain Laurent de la photo, Olivia de Bona du dessin, Niark1 de l’illustration, et Guillaume K fait des « eye candies » qui nous rendent fou sur son site…
On était surtout excités à l’idée de voir comment ils allaient se servir de l’ « Effet Spécial » pour raconter ce qu’il voulait et en faire quelque chose de purement poétique. Nous sommes vraiment honorés qu’ils aient participé au projet.

Envisagez-vous de faire vivre cet objet dans le temps ?

Le but de cet objet c’est qu’il soit rare et limité. Alors non, nous ne reviendrons pas dessus. Mais chaque année, on trouvera le temps de réaliser quelque chose dans cet esprit. On ne sait pas encore sous quelle forme.
Peut-être que ce sera quelque chose de connecté mais sans écran cette fois. Peut-être que ce sera avec un auteur, peut être avec la même team, si ils sont d’accord, on verra.

Propos recueillis par Charles Loyer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Agenda

04/03 – Typographie et jeu-vidéo, comment en faire un mariage réussi ?

Aujourd’hui, chaque jeu-vidéo représente un travail colossal et rien n’est laissé au hasard. Du gameplay au motion design, ce sont des compétences multiples et diverses qui sont sollicitées. Parmi eux, les designers graphiques ont fort à faire, tant les nombreuses informations présentes dans un jeu-vidéo nécessitent différentes organisations et mises…

Feed

Tonight at Merlin, une collection d’affiches signées Mark Bohle et Raffael Kormann

Publié par Prima.Publikationen, Tonight at Merlin rassemble toutes les affiches de concert conçues durant une année par Mark Bohle et Raffael Kormann pour le Kulturzentrum Merlin de Stuttgart. Croquis préparatoires, échanges de messages, réflexions sur la composition, les 80 posters présentés sont soigneusement documentés. L’ouvrage comporte également les références des groupes…

Librairie sans titre, nouveau bastion de l’édition indépendante

Photographe, diplômée de l’école des Gobelins et du CEPV en Suisse, Mathilde de Galbert débute sa carrière de libraire comme une activité parallèle à sa passion pour la photographie et le livre d’artiste. Après plusieurs expériences chez Yvon Lambert, au Centre Culturel Suisse et à la librairie de la Maison Rouge,…

Ressources

PERGRAPHICA® lance Catching Feels, un nouveau Lookbook présentant ses papiers premium

Pour tous les créatifs, le lancement d’un nouveau lookbook est un évènement. Ces ouvrages servent à présenter l’ensemble de leurs réalisations et permettent aussi de démontrer les qualités d’impression et d’ennoblissement des papiers utilisés. Un lookbook est donc en définitive une véritable vitrine pour les directeurs artistiques, les maisons d’édition…

Quelles nouveautés pour les applications Adobe en 2021 ?

D’Illustrator sur Ipad aux Neural Filters de Photoshop, les annonces faites lors d’Adobe MAX démontrent une tendance déjà à l’oeuvre depuis plusieurs années chez Adobe : celle de l’effacement des contraintes techniques, pour une plus grande autonomie face aux outils de création. Exacerbée par Adobe Sensei, l’IA développée par l’entreprise…