Remi Besse s’envole à New York et mêle animation et prise de vue dans un film

Mandaté par la marque Posca, le jeune illustrateur et réalisateur Rémi Besse s’est envolé pour New York, tourner un film baptisé SIX-MILLE. On découvre le résultat de ce court-métrage qui mêle animation et prise de vue au cœur de la scène graffiti de la métropole américaine.

Peux-tu nous présenter ce projet en quelques mots et comment Posca est venu vers toi ?

Six-Mille c’est le nombre de kilomètres entre Paris et New York, et c’est le titre de cette vidéo que j’ai réalisé pour Posca. C’est une marque qui est liée aux cultures urbaines et alternatives, ils cherchent à accompagner des créateurs comme Bebar, que j’ai suivi jusqu’à Brooklyn. Ça s’est fait d’une manière assez basique, ils nous ont dit : faites comme vous le sentez. C’est leur leitmotiv de se mettre en retrait et laisser la parole aux concernés. On avait peu de moyen sur place mais du coup une vraie liberté. Je crois que tout le monde tenait à garder cet aspect un peu roots, sans artifice de mise en scène. À notre retour le montage leur plaisait, j’ai continué à peaufiner. Depuis quelques jours c’est diffusé sur leur site internet, les réseaux sociaux, ça doit aussi passer en boutique et sur des événements.

Le brief est une carte blanche au cours d’un voyage à New-York, comment as-tu anglé le projet ?

L’idée était de capturer des instants de vie New-Yorkais à travers le prisme du graffiti… sans pour autant faire un docu car je tenais à garder un montage vif, cut, pour l’énergie de la ville. Et ils voulaient un format assez court et clipesque. On a eu des discussions avec Bebar sur sa pratique et sa vision des choses, c’est ce qui a donné la voix off. Je tenais à ouvrir au maximum sur l’environnement urbain pour essayer de créer une grammaire visuelle très dense à partir de moments de vie simples. J’ai filmé plein de gens là-bas, un gars qui rappe à l’improviste sur le williamsburg bridge, une fille rencontrée dans la rue, des gamins qui jouent au basket…

Dans ce clip, il y a un mélange d’animation et de prise de vue, qu’apporte selon toi l’intégration de l’illustration dans la vidéo ? Comment as-tu intégré ces séquences ?

Pour mettre en valeur l’énergie créative de la ville, je me disais que ça valait la peine de venir dessiner par dessus des plans filmés. Je viens des arts visuels, c’est assez naturel pour moi de ne pas me cantonner à ce que l’objectif d’un appareil ou d’une caméra peut saisir. Après, ça a été une question de dosage. Il fallait suffisamment d’animation pour que ce soit assumé, pas trop pour que ce soit digeste et fluide. L’idée était de proposer quelque chose de graphiquement singulier, tout en laissant suffisamment de place à une cinématographie plus classique.

Combien de temps a duré ce projet et avec qui as-tu collaboré ?

La première fois que j’ai filmé Bebar, c’était lors d’une expo collective qu’il faisait à l’Amour, rue Molière, l’été dernier à Paris. Finalement je crois qu’il n’y a aucune image de ce jour-là retenue dans le film. Puis on est parti plusieurs semaines là-bas, et sur place, j’ai bossé à distance avec le beatmaker phillygee qui est à la fois un pote et un musicien de talent. On a construit le son comme ça, je lui faisait passer de premiers jets de montage, il me renvoyait des propositions, et voilà. J’ai travaillé dans un second temps avec astromatic Sam au studio Villa Rose, un autre musicien qui a apporté sa touche, son souffle, notamment sur le design sonore. À mon retour, j’ai collaboré avec des animateurs des gobelins et des arts deco (là d’où je viens) afin de finaliser l’ensemble. Grâce au talent de Michiru, Simon, Marilou, tout a pris vie de manière fluide et graphique. S’il y a un big up à passer c’est bien à eux, car ils ont donnés corps au projet avec patience et dextérité. L’ensemble s’est étalé sur environ six-mois, entre le moment où j’ai sorti ma caméra pour la première fois et la fin du montage. C’est long, la post prod fut assez fastidieuse, car tout a été fait en indépendant, il a fallu bricoler un peu.

Que retiens-tu de cette expérience et y a-t-il des choses qui t’ont particulièrement marqué à NY ?

On a fait de belles rencontres là-bas. Les gens sont ouverts, avenants. Je pense à l’équipe du 272 Seigel Street à Brooklyn, une douzaine de potes qui vivent dans un loft où ils organisent des expositions, des soirées, des concours de skate dans leur salon. Dans 6000, on voit à plusieurs reprises cet endroit où j’ai passé pas mal de temps. Par exemple il y un plan de leur chien en train de rouler sur un skateboard. Et puis j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de figures du graffiti grâce à Bebar, parce que c’est un petit monde où tout le monde se connaît un peu, d’un continent à un autre. On ne le voit pas tant que ça dans le projet, mais Bebar a peint avec des stars locales, des vétérans de cette pratique. On pourrait limite en faire un long métrage avec tout ce qui a été filmé.

Propos recueillis par Charles Loyer

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