Togaether, le festival à la croisée des arts

Les 23 et 24 juin prochains, le grand marché situé au cœur du Marais accueillera la troisième édition du festival Togaether, pour une exposition d’un genre nouveau : en effet, cette fois, elle dépassera les frontières de la Halle des Blancs Manteaux pour se répandre dans le quartier tout entier. Ce festival, représentation de l’art sous toutes ses formes, est avant tout constitué de rencontres, entre artistes émergents, artistes réputés, et le public. Gratuit, il permet simultanément aux visiteurs d’écouter de la musique, de découvrir une pièce de théâtre ou encore d’observer une performance de danse.

Pour rendre l’art accessible à tous, le festival Togaether se déroule dans des lieux propices à l’initiative culturelle (Halle des Blancs Manteaux, Carreau du Temple) et provoque des rencontres entre artistes de tous horizons. Si musique, photo, peinture, sculpture, danse et cinéma se mêleront dans ce lieu de vie pendant deux jours, nous vous proposons un petit aperçu du programme arts visuels, riche et très éclectique, pour vous donner un avant-goût des univers très variés présentés lors de cette édition.


©Joel Degbo

Illustration
Le triptyque de sérigraphies mystérieuses et oniriques signées Antoine Duruflé reflète son travail sur les thèmes de l’image de la femme, les paysages photographiques, le voyage et la solitude, qui lui sont caractéristiques. Pour Ardalan Yaghoubi, l’image se trouve à la croisée de l’objet, de l’impression, du graphisme et de l’installation. Ainsi, les œuvres du dessinateur et imprimeur se font moins narratives, dans la recherche graphique et l’impression de nouvelles formes. Paul Lannes, quand à lui, tire ses illustrations des sensations ressenties au cours de ses nombreuses promenades et des paysages rencontrés. Les mises en scènes étranges qui en résultent sont chargées de symbolique et de connotations, décors destinés à incarner la projection du spectateur. L’artiste franco/suédoise Rebecka Tollens dessine des scènes de famille et des histoires sans lendemain à la mine de plomb, avec un grand sens de la composition qui donnent des tableaux semblant tout droit sortis de doux et sombres songes. Ces œuvres se mêleront aux chiens d’Émilie Clarke, au trait simple et humoristique, qui parle à tous et dégage des énergies impactantes.


©Fifou

Peinture
Le travail nostalgique du graphiste Bennoit James nous ramène en enfance, entre émotion et création, avec une touche toujours ludique. « Je traine avec mes amis dans la rue. Je me pose avec eux. Je flâne avec et comme eux. Ça tiz, ça bédave, ça fait ni l’un ni l’autre. J’me contente et j’contemple » Joël Degbo immortalise les espaces urbains à l’abandon destinés à disparaître, et les fige sur une toile, quand il s’évanouissent dans la réalité. L’autodidacte Lossapardo joue avec tous les supports : son titre late qu’il présente au festival est une invitation à rester chez soi, première esquisse d’un projet musical prometteur. Cette œuvre cotoîera aussi le troupeau de créatures chimériques , réalisé en collages dessins et peintures de Niark 1, réalisé en collages, dessins et peintures. Tommy Lecot, quand à lui, exprime un regard naïf sur l’histoire de l’art et le monde qui nous entoure, le regard d’une génération, désir de retour à l’enfance, entre formes géométriques simples et couleurs vives. Dans les toiles à la gouache de Lucile Ourvouai, des femmes conquérantes ou inquiétantes jouent avec des hommes, objets de désirs, entre tendresse et cruauté. La designer française installée à Londres Laetitia Rouget propose des peintures entre textile et objet, reflétant son travail dans la mode, et sa réflexion sur ce qu’est une pièce. Sevenonthewall, lui, peint et échanges au sein de lieux alternatifs parisiens et anime régulièrement des ateliers artistiques dans des centres accueillant des familles demandeuses d’asiles : il donne ainsi une parole artistique à chacun.


©Elliot Broué

Sculpture
Si c’est le domaine des arts visuels le moins représenté, il n’en est pas le moins impressionnant. Matthieu Dagorn transpose son imaginaire en volume. Il joue avec les bandes de papier, de bois, colorées, cintrées et entortillées, dans un travail de recherche de mouvement et d’énergie, pour des rendus très abstraits et changeants selon le point de vue d’où on les regarde. Niwoz quand à lui propose des sculptures bien plus figuratives, représentants des personnages souvent très volumineux, directement issus de son imaginaires, avec une pointe d’humour et des matériaux qu’il a pu rencontrer : aluminium, titane, cuivre, bois… tout y passe, pour celui qui vient de la chaudronnerie et de l’électrotechnique.


©Paul Lannes

Photographie
Jean-Baptiste Lhomeau invite les spectateurs à porter un regard neuf sur les murs, à y être plus attentif. Il décèle des histoires, des personnages, des récits, qu’il met à notre portée dans ses photographies pleines de sens. Le travail intriguant d’Elise Gerosa sur la lévitation et l’illusion d’optique apporte un air de magie à l’ensemble, dans des images construites sur l’utilisation des textures. Fifou, le photographe de rap et hip-hop français qui a réalisé 500 pochettes d’album sera aussi présent, et exposera un travail différent de la texture, à l’argentique en noir et blanc au format 6×6. Timo Eyeam est aussi danseur hip-hop : ses reportages immersifs d’évènements de culture urbaine s’en ressentent, avec une étude permanente du mouvement. Et enfin, le photographe Elliot Broué présentera sa série « Mirage », produite dans le cadre du programme The Creators Source créé par Adidas, en collaboration avec Togaether. Cette série est une promenade au sein de ce qu’il appelle des « images-miroirs », récit du chemin d’un homme.

Les 23 et 24 juin
Halle des Blancs Manteaux,
48 Rue Vieille du Temple
75004 Paris

Image de couverture : Sculpture de Matthieu Dagorn

Par Lisa Darrault

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